Nouveau massacre en Haïti : le scrutin présidentiel s'éloigne
Nouveau massacre en Haïti : le scrutin présidentiel s'éloigne

Au moins 20 personnes ont été tuées dans un nouveau massacre perpétré dimanche 24 août dans la commune de Pont-Sondé, dans le département de l'Artibonite, en Haïti. L'attaque, attribuée au gang Gran Grif, a également fait plusieurs blessés, selon les autorités locales. Cet événement survient alors que le gouvernement haïtien espérait organiser une élection présidentielle en novembre prochain, mais cette perspective s'éloigne de plus en plus face à l'escalade de la violence.

Un nouveau massacre attribué au gang Gran Grif

Le massacre s'est produit dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque des hommes armés ont ouvert le feu sur des habitants de Pont-Sondé. Le bilan provisoire fait état d'au moins 20 morts, un chiffre qui pourrait s'alourdir, selon les autorités. Des maisons ont également été incendiées, et plusieurs habitants ont été contraints de fuir leur domicile.

Le gang Gran Grif, déjà responsable de nombreuses exactions dans la région, est pointé du doigt. Selon le maire de la commune, qui a requis l'anonymat, les assaillants ont agi avec une violence extrême. "Ils ont tué des femmes, des enfants, des personnes âgées. C'est un acte barbare", a-t-il déclaré au quotidien Libération.

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Une élection présidentielle de plus en plus hypothétique

Ce nouveau massacre intervient dans un contexte politique déjà très tendu. Le gouvernement de transition, dirigé par le Premier ministre Garry Conille, avait promis d'organiser une élection présidentielle avant la fin de l'année. Mais la recrudescence des violences des gangs, qui contrôlent une grande partie de la capitale Port-au-Prince et de l'Artibonite, rend cette promesse difficile à tenir.

Selon les Nations unies, plus de 3 600 personnes ont été tuées en Haïti entre janvier et juin 2025, soit une augmentation de 40 % par rapport à la même période de l'année précédente. Les gangs, souvent liés à des réseaux politiques et économiques, multiplient les attaques pour étendre leur emprise territoriale et déstabiliser le pouvoir en place.

L'impact sur la population et la communauté internationale

La population de Pont-Sondé, déjà éprouvée par des mois de violence, est une nouvelle fois plongée dans le deuil et la peur. Les hôpitaux locaux sont débordés, et les déplacés internes s'ajoutent aux centaines de milliers de personnes déjà réfugiées dans des camps précaires.

La communauté internationale, qui suit de près la situation, appelle à des mesures urgentes. Le Conseil de sécurité de l'ONU a récemment prolongé le mandat de la mission multinationale de soutien à la police haïtienne, mais les effectifs restent insuffisants face à la puissance des gangs. Plusieurs pays, dont les États-Unis et le Canada, ont exhorté les autorités haïtiennes à renforcer la sécurité avant toute élection.

Dans ce contexte, la tenue du scrutin présidentiel semble de plus en plus compromise. Les observateurs estiment que sans une amélioration significative de la sécurité, il sera impossible d'organiser un vote crédible et inclusif. Le gouvernement de transition, fragilisé, cherche néanmoins à maintenir le calendrier, mais la réalité du terrain pourrait avoir raison de ses ambitions.

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