Lors d'un discours prononcé ce mercredi à la Sorbonne, l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne a lancé un avertissement solennel aux partis du bloc central, les appelant à surmonter leurs divisions en vue de l'élection présidentielle de 2027. « On ne nous pardonnerait pas de laisser passer cette chance », a-t-elle déclaré, en référence à une possible victoire de l'extrême droite ou de La France insoumise.
Un appel à l'unité face aux extrêmes
Borne, qui a quitté Matignon en janvier 2024, s'exprimait devant plusieurs centaines de militants et élus de la majorité. Elle a insisté sur la nécessité de présenter un candidat unique dès le premier tour pour éviter une dispersion des voix. « Les Français attendent de nous que nous soyons rassemblés. Si nous nous éparpillons, nous ouvrons la voie à ceux qui veulent détruire notre modèle républicain », a-t-elle ajouté.
Des divisions internes persistantes
Le bloc central, qui regroupe Renaissance, le MoDem, Horizons et l'UDI, est actuellement traversé par des tensions. Plusieurs figures, comme Édouard Philippe et Gabriel Attal, sont pressenties pour briguer l'investiture, mais aucune candidature officielle n'a encore été annoncée. Selon un sondage Ifop réalisé en mars 2025, 68 % des sympathisants de la majorité estiment que l'unité est indispensable pour remporter la présidentielle.
Un discours qui résonne dans les rangs
Le discours de Borne a été salué par plusieurs responsables, dont le député Modem Jean-Louis Bourlanges, qui a déclaré : « Élisabeth a raison de nous rappeler que l'union fait la force. Nous devons maintenant passer des paroles aux actes. » Toutefois, certains proches d'Édouard Philippe ont minimisé l'impact de cette intervention, estimant que la primaire interne se jouera sur le fond, pas sur les injonctions.
Les enjeux de 2027
À deux ans de l'échéance, les sondages placent Marine Le Pen en tête au premier tour, avec environ 30 % des intentions de vote, suivie de Jean-Luc Mélenchon (18 %) et d'un candidat du bloc central autour de 20 %. Borne a souligné que « chaque voix perdue est une voix donnée aux extrêmes ». Elle a également appelé à un projet commun sur des thèmes comme la transition écologique, la souveraineté économique et la justice sociale.
Une stratégie de rassemblement
Pour l'ancienne Première ministre, l'objectif est de reproduire la dynamique de 2017, où Emmanuel Macron avait su fédérer au-delà des clivages traditionnels. « Nous devons être le camp de la raison et du progrès, pas celui des querelles d'ego », a-t-elle lancé. Le défi est de taille : selon une enquête de l'Institut Montaigne, 45 % des électeurs du bloc central se disent prêts à voter pour un candidat unique, contre 32 % qui préféreraient un choix pluraliste.
Les réactions de l'opposition
Les oppositions n'ont pas tardé à réagir. Le porte-parole du Rassemblement national, Julien Odoul, a qualifié l'appel de Borne de « manœuvre désespérée d'un camp aux abois ». De son côté, la députée LFI Clémence Guetté a ironisé : « Ils s'inquiètent de leur avenir, mais pas de celui des Français. »



