Avant la loi d'urgence agricole : les reculs environnementaux depuis 2022
Avant la loi d'urgence agricole : les reculs environnementaux

Alors que le gouvernement s'apprête à présenter une loi d'urgence pour l'agriculture, un bilan s'impose : depuis 2022, les gouvernements successifs d'Emmanuel Macron ont multiplié les reculs environnementaux. Ces décisions, souvent passées inaperçues, ont affaibli les normes écologiques dans plusieurs domaines clés.

Un assouplissement des règles sur les pesticides

En février 2023, le gouvernement a autorisé la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes, des pesticides tueurs d'abeilles, pour sauver la filière betteravière. Une dérogation de trois ans a été accordée, malgré l'interdiction européenne. Selon le ministère de l'Agriculture, cette mesure visait à protéger 400 000 hectares de betteraves.

La fin de l'interdiction des produits phytosanitaires dans les zones non agricoles

En juillet 2022, un décret a supprimé l'interdiction d'utiliser des pesticides dans les espaces verts publics, les forêts et les voiries. Les collectivités locales peuvent désormais à nouveau employer des produits chimiques, une décision saluée par les syndicats agricoles mais critiquée par les associations environnementales. « C'est un retour en arrière majeur pour la santé des citoyens et de la biodiversité », a déclaré un porte-parole de Générations Futures.

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Assouplissement des normes environnementales pour les bâtiments agricoles

En septembre 2023, une ordonnance a simplifié les procédures d'autorisation pour les constructions agricoles, réduisant les études d'impact environnemental. Les bâtiments d'élevage intensif, notamment, peuvent désormais être édifiés sans évaluation préalable dans certaines zones. Selon le gouvernement, cette mesure vise à réduire les délais de 30 %.

Recul sur la protection des zones humides

En mars 2024, un arrêté a réduit la superficie des zones humides protégées de 15 %, permettant leur drainage pour l'agriculture. Cette décision a été justifiée par la nécessité d'augmenter la production alimentaire, mais elle a suscité l'indignation des écologistes. « 20 % des zones humides françaises ont déjà disparu en 30 ans, ce nouveau recul aggrave la situation », a indiqué France Nature Environnement.

Assouplissement des règles sur l'irrigation

En mai 2024, le gouvernement a assoupli les restrictions d'irrigation en période de sécheresse, permettant aux agriculteurs de puiser davantage dans les nappes phréatiques. Les préfets peuvent désormais accorder des dérogations plus facilement, une mesure contestée par les hydrologues.

Une loi d'urgence agricole qui pourrait aggraver la tendance

La future loi d'urgence, annoncée pour juillet 2025, prévoit de nouvelles dérogations aux normes environnementales. Selon une source gouvernementale, elle pourrait notamment suspendre l'application de la directive nitrates dans certaines régions. « Nous devons répondre à la crise agricole sans compromettre nos objectifs climatiques », a déclaré le ministre de l'Agriculture, mais les ONG redoutent un nouveau recul.

Au total, depuis 2022, au moins 8 reculs environnementaux majeurs ont été identifiés dans le secteur agricole. Ces décisions, prises sous la pression des syndicats agricoles et face à la colère des agriculteurs, interrogent sur la cohérence de la politique écologique du gouvernement.

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