Arcachon : le maire Yves Foulon condamné à 5 000 € d'amende pour menaces
Arcachon : le maire condamné pour menaces envers son opposant

Le maire d'Arcachon (Gironde), Yves Foulon, a été condamné ce jeudi 20 août par le tribunal correctionnel de Bordeaux à une amende de 5 000 euros pour menaces et violences envers son principal opposant aux élections municipales, Vital Baude. L'édile, absent lors du prononcé du délibéré, écope d'une amende totale de 10 000 euros, dont 5 000 euros avec sursis, pour menaces et violences, ainsi que d'une amende de 30 euros pour injures. Il doit également verser 2 500 euros à M. Baude pour le préjudice subi.

Des peines en deçà des réquisitions

Ces peines sont inférieures aux réquisitions du parquet début juillet, qui avait demandé une peine de quatre mois de prison avec sursis. Le conseil de M. Foulon, Benoît Ducos-Ader, a qualifié cette décision de « jugement d'apaisement », qui lui « paraît empêcher un appel ». « Je pense que tout le monde en restera là et ça sera une bonne chose », a-t-il déclaré à la presse. Vital Baude, lui, n'a pas exclu un appel, s'interrogeant sur un cas qui pourrait faire « jurisprudence au niveau national ».

Des injures filmées le jour du scrutin

Les faits remontent au matin du premier tour des élections municipales, le 15 mars 2020. Le maire sortant, alors en campagne, avait copieusement insulté Vital Baude, 50 ans, son adversaire écologiste, dans des propos filmés à son insu. Le média en ligne Vakita avait publié la vidéo deux jours plus tard, le 17 mars 2020. On y entend Yves Foulon traiter son opposant de « fils de pute », « enculé », « vous êtes une merde ». Il lui lance également : « Si je pouvais vous coincer derrière les poubelles, ça me ferait plaisir de vous mettre une branlée » et « Je vais tout faire pour vous baiser et je vais trouver quelque chose dans votre vie personnelle ».

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Un contexte de conflit immobilier

Le maire d'Arcachon, âgé de 67 ans, membre des Républicains, ancien député et avocat de métier, dirige cette cité balnéaire huppée depuis un quart de siècle. Il n'avait jamais été condamné auparavant. Il reprochait à Vital Baude d'avoir publié, pendant la campagne, une photo du chantier de sa maison, construite à la place d'une villa patrimoniale qu'il avait fait démolir. Le juge a estimé que les menaces constituaient une tentative d'attenter « de manière grave et répétée aux conditions d'existence de M. Baude ».

Un contact physique reconnu

Le plaignant accuse également M. Foulon de l'avoir poussé puis de lui avoir porté la main au niveau du menton, ce que l'intéressé a nié lors de son jugement. La vidéo montre « un contact physique avec suffisamment de force pour provoquer un recul », a estimé le juge. La procureure avait qualifié ce dossier de « plus grave » des affaires d'atteinte aux élus dont le parquet de Bordeaux a été saisi depuis que le gouvernement en a fait une priorité de sa politique pénale. Vital Baude a déploré que « le premier magistrat d'une ville » puisse « se permettre d'injurier, de menacer, d'avoir une attitude violente et n'avoir aucune peine de prison avec sursis, conserver son mandat et toutes les prérogatives et les moyens de rétorsion qui vont avec ».

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