Ce mercredi 9 septembre, à Marseille, les organisations patronales et syndicales du Sud ont rappelé l'urgence de réaliser la ligne à très haute tension (THT) entre la Vallée du Rhône et le bassin de Fos, afin de sécuriser la distribution d'électricité dans la région. Face à la presse, ils ont martelé leur message, malgré la présence d'un petit comité d'accueil du collectif THT 1330.
Un projet vital pour l'économie régionale
« Il faut que le projet soit rapidement déclaré d'utilité publique », a résumé Pascal Kuhn, président de l'UIMM Alpes Méditerranée. Le projet, dessiné par RTE, vise à renforcer la distribution de l'électricité en provenance de la vallée du Rhône, où se trouve notamment la centrale d'EDF Tricastin, et le bassin de Fos, dans les Bouches-du-Rhône, où quelque 50 projets industriels sont en attente d'implantation.
« Cette ligne concerne, bien sûr, les Bouches-du-Rhône, mais aussi d'autres bassins d'emplois de la région, comme le Var avec les activités du secteur de la Défense, ou encore Sofia-Antipolis dans le 06 », a précisé Stéphane Benhamou, président du Medef Sud. Ces acteurs économiques voient leurs besoins en électricité s'accroître, avec l'objectif de décarbonation imposé à tous, sans oublier la demande émanant des particuliers.
Un calendrier sous tension
« On sait que, d'ici 2029, la demande d'électricité va doubler », a estimé le président de l'UIMM Méditerranée, pour qui de potentiels investisseurs pourraient choisir d'implanter leur projet ailleurs si le renforcement de l'approvisionnement n'est pas acté. Même si « Emmanuel Macron a annoncé qu'il sacralisait la THT le 26 mai dernier, avec un lancement de la concertation en ce mois de septembre », a rappelé Jean-Christophe Amarantinis, président de l'UPE 13, les patrons de la région redoutent que le calendrier électoral, notamment celui de l'élection présidentielle, n'entrave celui de la THT.
Les détracteurs du projet, dont le collectif THT 1330 qui plaide pour une ligne enterrée plutôt qu'aérienne, continuent de se mobiliser, en appelant notamment à un rassemblement le 19 septembre au théâtre antique d'Arles.
Un équilibre entre industrie et environnement
« Compte tenu des délais, RTE a déterminé que la ligne aérienne était la solution qui s'impose. Il ne faut pas oublier que si la ligne comprendra 180 pylônes, elle permettra aussi à RTE d'en enlever trois fois plus sur les lignes de moyenne tension proches d'habitations. On parle de 65 km de lignes, quand il en existe déjà 600 dans la région ! » a développé Pascal Kuhn.
Des pylônes qui traversent en partie la Camargue, suscitant la colère de certains, soucieux de préserver un autre poumon économique, celui du tourisme. « Il n'y a pas d'opposition, nous sommes tous ici des habitants de la région, attachés donc à sa qualité de vie », a précisé Stéphane Benhamou. Pour Franck Bergamini, secrétaire général de Force Ouvrière 13, « Si des emplois devaient être perdus, faute de finaliser ce projet, parce que des industriels iraient s'installer ailleurs, nous ne pourrions pas regarder dans les yeux ceux qui à cause de cela, ne trouveraient pas de travail ici. »
Les partenaires sociaux attendent à présent un calendrier clair pour la finalisation du projet, dont le coût est estimé à 800 millions d'euros par RTE.



