Le robot chirurgical Da Vinci X, installé à l'hôpital Saint-Clair de Sète, sera utilisé pour la toute première fois ce jeudi 15 octobre. Cette technologie de pointe, d'une valeur de près d'un million d'euros, marque une avancée majeure pour les soins en urologie sur le territoire du bassin de Thau, où la population vieillissante est confrontée à une hausse des cancers de la prostate.
Une première intervention confiée au docteur Didier Ayuso
Après avoir intégré le bloc opératoire mercredi après-midi, le robot Da Vinci X sera inauguré jeudi après-midi par le docteur Didier Ayuso, présenté comme « le père de l'urologie dans la région, qui a créé le service ici, à Sète ». Pour l'équipe d'urologie des Hôpitaux du bassin de Thau, cette technologie était très attendue, d'autant qu'elle équipe déjà les hôpitaux de Sète et Montpellier, ainsi que les cliniques Beausoleil à Montpellier et Saint-Jean à Saint-Jean-de-Vedas.
Des gains de temps et d'ergonomie pour les chirurgiens
Le docteur Florin Olaru Soare, urologue sétois, souligne les avantages considérables du robot. « Il n'y a pas longtemps, on a eu un bloc de cœlioscopie très compliqué et épuisant. L'intervention a duré douze heures. Avec le robot, elle aurait pris 3 heures », explique-t-il. Grâce à la console, le chirurgien n'est plus penché sur le patient, mais installé confortablement, manipulant avec précision les trois bras du robot plus la caméra. « C'est comme si l'on avait nos mains à l'intérieur du corps », ajoute-t-il. Les pinces du robot, articulées comme une main, offrent une dextérité inégalée par rapport aux instruments droits et rigides de la cœlioscopie classique. « C'est comme si on opérait avec l'agilité de nos mains à l'intérieur du corps du malade. Sauf que ce sont des mains de 15 millimètres ! »
Pour le patient, les bénéfices sont tout aussi importants : intervention moins invasive, récupération plus rapide et accès à un équipement de pointe sans déplacement. Le robot Da Vinci X permet notamment de réaliser des prostatectomies pour les cancers de la prostate, l'intervention la plus fréquente, mais aussi des néphrectomies partielles. « Avant, on enlevait tout le rein. Grâce au scanner et à l'IRM, on arrive à détecter de petites tumeurs que le robot permettra d'enlever, sans avoir à retirer le rein », précise le docteur Olaru Soare. Le robot servira également pour la promontofixation, le traitement des descentes d'organes, ainsi que pour des cystectomies ou pelvectomies chez la femme. « Ce sont des interventions très délabrantes que l'on arrivera à mieux maîtriser grâce au robot. »
Une formation rapide et intuitive
La formation à l'utilisation du robot Da Vinci, décrit comme très intuitif, est généralement rapide. Un formateur de Da Vinci X compare cet apprentissage à la conduite automobile : « C'est comme quand on passe le permis. Certains savent conduire en manœuvrant le volant dix minutes pendant que d'autres auront besoin de nombreuses heures de conduite. » Il ajoute : « Mais il y a une différence entre savoir utiliser le robot et le maîtriser. »
Sur le plan local, l'arrivée du robot change la donne pour les patients du bassin de Thau. « Tous les malades qui étaient dirigés ailleurs pourront être opérés demain sur le bassin de Thau. Et ceux qui préféraient rester sur Sète sans intervention de robot en bénéficieront désormais », se réjouit le docteur Olaru Soare. Il rappelle que l'hôpital de Sète était « l'un des derniers établissements en France, en urologie, à pratiquer la prostatectomie ouverte, avec une durée d'hospitalisation de 5 à 7 jours. Avec le robot, on pourra opérer un jour et ressortir dès le lendemain. » Cette avancée technologique devrait ainsi réduire considérablement les durées d'hospitalisation et améliorer la qualité des soins pour les patients de la région.