L'économie française a enregistré une croissance nulle au premier trimestre 2026, une déception qui contraste avec les prévisions des instituts. L'Insee a publié jeudi une première estimation du Produit intérieur brut (PIB) faisant état d'une stagnation, imputable à une demande intérieure atone et à une contribution fortement négative du commerce extérieur.
Un cocktail économique défavorable
Selon l'Institut national de la statistique, la demande intérieure finale (hors stocks) est restée atone. La consommation des ménages a reculé légèrement de 0,1 % après une hausse de 0,4 % au quatrième trimestre 2025. L'investissement s'est également replié de 0,4 % après une progression de 0,3 %. Au total, la contribution de la demande intérieure (hors stocks) à la croissance du PIB est nulle, contre un apport de 0,4 point au trimestre précédent.
Le commerce extérieur a affiché une contribution fortement négative de 0,7 point, après un apport positif de 0,6 point au quatrième trimestre. Les exportations ont chuté de 3,8 % après une hausse de 0,8 %, tandis que les importations ont diminué de 1,7 % après une baisse de 0,8 %.
Les stocks sauvent le PIB
Ce sont finalement les variations de stocks qui ont empêché le PIB de diminuer. Elles ont contribué à hauteur de 0,8 point à l'évolution du PIB, après une contribution négative de 0,7 point au quatrième trimestre. Cette amélioration est notamment due aux produits aéronautiques, après un fort déstockage les deux trimestres précédents.
Un objectif annuel compromis
Le gouvernement table sur une croissance de 0,9 % pour l'année 2026, une prévision déjà révisée à la baisse de 0,1 point il y a quinze jours pour tenir compte des effets inflationnistes de la guerre au Moyen-Orient. Avec un acquis de croissance de 0,5 % fin mars, atteindre cet objectif semble difficile. Selon un calcul de l'AFP, il faudrait une croissance d'environ 0,3 % à chacun des trimestres suivants, alors que les effets du conflit ne se sont pas encore pleinement fait sentir.



