Musée Louis de Funès : une visite estivale sur la Côte d'Azur
Musée Louis de Funès : visite estivale sur la Côte d'Azur

À Saint-Raphaël, sur la Côte d'Azur, le musée Louis de Funès offre une échappée estivale pleine d'humour et de nostalgie. Pour 7 euros (4 euros en tarif réduit), les visiteurs peuvent explorer pendant environ une heure un bâtiment climatisé situé face à la gare. « Travailler avec Louis de Funès, cela me fait la même impression que si j'avais travaillé avec Chaplin », confiait Coluche lors du tournage de L'Aile ou la cuisse en 1976. Toutes les générations s'y croisent, échangeant des répliques cultes ou testant les chaises vibrantes de La Grande vadrouille.

Un parcours complet dans l'univers du comique

Accessoires, scénarios, reportages, correspondance, extraits de films et jeux pour enfants : le musée propose un tour d'horizon exhaustif de la carrière de l'acteur. Les fans peuvent même croiser Fantomas, grâce à une exposition temporaire consacrée au superméchant, visible jusqu'au 30 avril 2027. Une occasion idéale de réviser ses classiques avant la sortie du nouveau film de Frédéric Tellier, prévue en février prochain. Le musée permet aussi de mieux cerner ce « grand monsieur du rire », comme le souligne 20 Minutes, qui a recueilli plusieurs de ses citations affichées sur les cartels des installations.

Louis de Funès, une énergie débordante

C'est Gérard Oury qui propulsa Louis de Funès au rang de star en 1964 avec Le Corniaud, où il donne la réplique à Bourvil. Le cinéaste avait déjà remarqué son talent dans le film à sketches Le Crime ne paie pas. « Je ne fais pas de grimaces, je fais des expressions », clamait le comédien. Son énergie impressionnait les metteurs en scène. « Louis, c'est le moteur, un moteur pétaradant aux reprises nerveuses, et moi, je suis le frein », expliquait Jean Girault. Cette implication intense épuisa l'acteur, qui succomba à un infarctus à 68 ans en 1983, après plusieurs alertes. « Je ne cherchais le succès, je cherchais à bien faire ! », avouait-il. Une exigence qui fit de lui l'une des plus grandes stars du cinéma français.

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Un acteur-auteur visionnaire

« Un acteur comique est avant tout un auteur », déclarait Louis de Funès. Les réalisateurs qui ont travaillé avec lui saluent unanimement son génie. « Même quand on a dirigé des films de Louis, on ne peut pas se les attribuer, tellement sa part de création est importante », affirmait Édouard Molinaro, réalisateur d'Hibernatus. Louis de Funès aimait apporter sa touche personnelle aux films qui lui étaient confiés. Gérard Oury, avec qui il a tourné à cinq reprises, le reconnaissait volontiers : « Il était un extraordinaire auteur comique. Il était peut-être le seul acteur au monde qui avait la possibilité d'être odieux sans être antipathique. » À la fin des années 1970, le comédien rêvait de porter à l'écran L'Avare, mais sa santé fragile l'empêchait de le jouer sur scène. Il cosigna finalement le film avec Jean Girault, pour leur onzième collaboration.

Une soif constante d'innovation

Louis de Funès ne se reposait jamais sur ses lauriers. « Il faut que je me renouvelle car je crois que j'ai du succès lancé sur mon nom mais moi je me lasse, je deviens trop sérieux », confiait-il à l'approche de la soixantaine. Il tenta des expériences audacieuses, comme Sur un arbre perché de Serge Korber, dont l'action se déroule en huis clos dans une voiture coincée en haut d'un arbre. En 1975, il espérait incarner un dictateur dans Le Crocodile, un nouveau projet de Gérard Oury, mais ses problèmes de santé interrompirent le tournage et le film ne vit jamais le jour. Obligé de ménager son cœur, il continua néanmoins à s'impliquer pleinement, comme en témoignent sa correspondance avec Jean Anouilh et une belle lettre à René Fallet, l'auteur de La Soupe au chou.

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Un hommage floral à un amoureux de la nature

« Mon professeur de bonheur c'est mon jardin », affirmait Louis de Funès. Après plusieurs crises cardiaques, il trouvait la sérénité en s'occupant de son jardin et de son potager dans le parc de quarante hectares du Cellier, son château en Loire-Atlantique. Il regrettait de ne pas avoir fait d'études d'agronomie, mais avait suivi des cours d'horticulture au Potager du Roi à Versailles. « La seule chose qui vaille la peine, c'est la nature, c'est pour elle qu'il faut aller dans la rue », répétait-il souvent. Des films en super 8 le montrent en famille, entouré de sa femme et de ses deux fils, dans ce havre de paix. En hommage à l'acteur, un rosier aux fleurs orange vif, créé par la société horticole Meilland en 1984, porte son nom, rappelant la flamboyance de son talent à redécouvrir au musée.