Patrick Martin, président du Medef, a tenu à rappeler qu'il est le premier "provincial" à la tête de l'organisation patronale, ce qui lui permet d'être "très au contact des adhérents sur les territoires". Ce jeudi, il participait aux rencontres "Place à l'entreprise" organisées par le Medef gardois au palais des congrès h2 de Nîmes. Face aux acteurs économiques locaux, il a renouvelé ses messages à destination des entrepreneurs et des pouvoirs publics, dans une "période compliquée" où il "souhaite mobiliser les troupes".
Un appel à une meilleure considération des entrepreneurs
"Je suis totalement convaincu qu'il faut que les entrepreneurs soient mieux considérés, sans quoi notre pays va s'égarer", a déclaré Patrick Martin, citant les grands enjeux à venir : "liés à la démographie, aux tensions de recrutement, à la formation, liés au changement climatique, au digital et à la concurrence internationale". Pour lui, ces messages généraux valent aussi pour les entrepreneurs gardois.
Des critiques sur l'orientation des jeunes
"On oriente mal nos jeunes, on ne les forme pas forcément à des métiers et des savoir-faire qui correspondent aux besoins de nos entreprises", a insisté le président du Medef. Depuis plusieurs mois, l'organisation avait signalé "un vrai ralentissement économique", avant même la publication des chiffres de l'Insee et de la Banque de France. Selon lui, "il y a un impact lié à la situation au Moyen-Orient, mais la sous-activité en France tient pour beaucoup à la situation française". Il a notamment pointé "la situation des finances publiques qui devient critique", l'instabilité politique et la préparation de l'élection présidentielle.
Inquiétude des ménages et des entreprises
"On le voit, les ménages sont inquiets. Et de la même manière, les entreprises n'investissent pas et hésitent à recruter, quand elles ne réduisent pas leurs effectifs", a-t-il ajouté. Toutefois, il a salué la bonne tenue de l'industrie, notamment dans l'aéronautique, l'armement et l'énergie, un secteur particulièrement important pour le Gard rhodanien. "Il faut organiser la reconversion de salariés qui peuvent être dans des secteurs en souffrance, pour les réorienter vers ces métiers qui ont des carnets de commandes pour des années", a-t-il poursuivi, en se disant "très inquiet de la remise en cause de l'apprentissage".



