Nuages sur l'économie française : croissance atone en vue
Nuages sur l'économie française : croissance atone

La Banque de France a publié, lundi 31 août, ses nouvelles prévisions économiques pour la France. L'institution table désormais sur une croissance de 0,9 % en 2026, contre 1,3 % pour 2025. Ce chiffre, inférieur aux précédentes estimations, confirme le ralentissement de l'économie française, plombée par un environnement international dégradé et des tensions budgétaires persistantes.

Un net ralentissement de la croissance en 2026

Selon la Banque de France, la croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait donc être de 0,9 % en 2026. Ce taux marque une décélération sensible par rapport à 2025, où la croissance avait atteint 1,3 %. Cette révision à la baisse s'explique notamment par le ralentissement du commerce mondial, qui pénalise les exportations françaises, et par la hausse des taux d'intérêt, qui freine l'investissement des entreprises et des ménages.

L'institution dirigée par François Villeroy de Galhau précise que cette prévision intègre également les effets du conflit en Ukraine et de la crise énergétique, qui continuent de peser sur l'activité. La consommation des ménages, principal moteur de la croissance française, devrait rester atone, avec une hausse limitée à 0,8 % en 2026, après 1,1 % en 2025.

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Le chômage en hausse, l'inflation en repli

Le marché du travail devrait également se dégrader. Le taux de chômage, qui s'établissait à 7,1 % au deuxième trimestre 2025, devrait remonter à 7,6 % en 2026. Cette hausse, bien que modérée, reflète le ralentissement de l'activité et la prudence des entreprises en matière d'embauches. La Banque de France souligne que les créations d'emplois devraient se poursuivre, mais à un rythme nettement plus faible que les années précédentes.

Côté prix, l'inflation devrait continuer de refluer. Après un pic à 5,2 % en 2023, l'indice des prix à la consommation devrait s'établir à 2,4 % en 2025, puis à 1,8 % en 2026. Cette décrue, bienvenue pour le pouvoir d'achat des ménages, est toutefois moins rapide que prévu, en raison notamment des tensions sur les prix alimentaires et des coûts de l'énergie.

Des finances publiques sous tension

Ces prévisions interviennent dans un contexte de fortes tensions sur les finances publiques. Le déficit public, qui avait atteint 5,5 % du PIB en 2023, devrait se réduire progressivement, mais resterait élevé, à 4,8 % en 2025 et 4,5 % en 2026. La dette publique, quant à elle, devrait continuer d'augmenter, pour atteindre 112,3 % du PIB en 2026, contre 110,6 % en 2024.

Face à cette situation, le gouvernement a annoncé un plan d'économies de 20 milliards d'euros pour 2026, qui devrait peser sur la croissance. La Banque de France estime que ces mesures de consolidation budgétaire, bien que nécessaires pour rassurer les marchés financiers, pourraient réduire la croissance de 0,3 point de pourcentage en 2026.

Ces prévisions, moins optimistes que celles du gouvernement, qui table sur une croissance de 1,4 % en 2026, pourraient compliquer la tâche de l'exécutif, alors que le projet de loi de finances pour 2026 doit être présenté en conseil des ministres fin septembre.

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