ASNAPIG fête 50 ans de combat à Hyères, entre urbanisme et environnement
ASNAPIG : 50 ans de combat à Hyères

L'Association de Sauvegarde de la NAture sur la presqu'île de Giens (ASNAPIG), active depuis 1976 à Hyères, a tenu son assemblée générale mercredi soir, l'occasion de dresser un bilan après un demi-siècle de combat pour maîtriser l'urbanisme, protéger l'environnement et repenser les transports sur ce site exceptionnel. Jean-Louis Derche, cinquième président en 50 ans, résume la philosophie de l'association par trois mots : « ténacité, pragmatisme et liberté ».

Une association indépendante et pragmatique

« Nous sommes une association de défense de l'environnement, mais nous ne sommes pas des Ayatollahs. On essaye de trouver un équilibre. Parfois, il vaut mieux se mettre d'accord sur quelque chose d'à peu près équilibré plutôt que de ne rien vouloir du tout », explique Jean-Louis Derche. Il souligne que l'ASNAPIG n'a jamais sollicité la moindre subvention, jalouse de son indépendance.

Cette philosophie s'applique à tous les champs d'action de l'association, qui veille de près à tout ce qui touche à l'urbanisme sur la presqu'île. Le plus récent succès est la validation d'un combat mené depuis 2021 avec le CIL de Giens pour mettre fin à un détournement répétitif du PLU, consistant à créer des droits à construire indus par une division parcellaire suivie d'une demande de permis de construire. Le Tribunal Administratif de Toulon a confirmé le 10 octobre 2025 le caractère de « fraude à la loi » de cette manœuvre.

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Des victoires historiques contre des projets défigurants

L'association a contribué à empêcher plusieurs projets immobiliers qui auraient défiguré la presqu'île. Jean-Louis Derche et Janine Colle, membre depuis le début du combat, évoquent avec effroi la marina de 500 anneaux accompagnée de 500 appartements aux Estagnets, ou le complexe de logements sociaux au Pic du Niel pour lequel la mairie avait pensé filouter la loi en faisant au préalable déboiser. « On a attaqué en soutenant que c'était une destruction de l'environnement », se souvient Janine Colle. Cette procédure a duré 14 ans (de 1986 à 2000) et a abouti à ce que le Conservatoire du littoral récupère le terrain.

Sur la défense de l'environnement, le plus gros dossier a été d'œuvrer pour que la presqu'île devienne un site classé. Janine Colle évoque aussi la bataille gagnée contre le projet de route des crêtes qui a animé les années 80. L'association a également bataillé contre les restaurants de plage à l'Almanarre qui ne voulaient pas démonter leurs structures en hiver, ce qui est contraire à la loi littorale et à la sanctuarisation de la bande des 100 mètres dans les zones non urbanisées. « C'était des affaires très très tendues », rembobine Janine Colle en pensant à la "zone bleue" ou le Salinas.

Le tombolo ouest et les transports, dossiers chauds

Pour le présent et l'avenir, l'ASNAPIG classe en haut des dossiers chauds celui de la protection du tombolo ouest, grignoté par les tempêtes hivernales. « C'est un sujet dont on parle depuis 1976 », souligne Jean-Louis Derche, qui confie que l'association a pu évoluer dans sa réflexion. « Nous n'avons pas de parti pris sur le sujet et j'ai moi-même pu changer d'avis devant la violence de la tempête de février 2026 ».

Côté transport, l'ASNAPIG avoue que les problématiques soulevées dès 1976 ont peu évolué. Seule satisfaction : l'association a le sentiment de ne plus être seule à considérer qu'il y a un problème d'engorgement tous les étés. « Il faudrait peut-être, comme dans certaines villes italiennes très touristiques, envisager un système de filtrage. On l'envisageait déjà il y a 30 ans », soupire Jean-Louis Derche, qui espère que de nouvelles études éclaireront la décision des pouvoirs publics « pour une solution à long terme ». Pas de religion non plus sur le maintien ou non de la route du sel : « Nous serons très pragmatiques devant les idées proposées ».

Le recul du trait de côte, défi majeur

L'ASNAPIG espère que la quête du label « Grand site de France » permettra de sortir la presqu'île de l'impasse. « C'est une opération dans laquelle nous sommes complètement coopératifs et même proactifs. La philosophie de l'Opération grand site va dans le bon sens ».

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Pour les cinquante ans à venir, l'association sait déjà que l'accélération du recul du trait de côte sera au cœur de tous les problèmes à résoudre. « C'est une question qui a des impacts sur un tas de choses », constate Jean-Louis Derche, en pensant aussi bien aux questions d'urbanisme pur qu'aux combats pour tenter de retrouver une continuité du sentier du littoral. Un chantier d'équilibriste entre des propriétaires qui n'ont pas envie de renoncer à leur terrasse les pieds dans l'eau et les responsables du domaine public maritime, hostiles à l'idée d'une passerelle au-dessus des flots. « C'est un problème très compliqué, avoue Jean-Louis Derche. Mais si on trouve un moyen de mettre un pied dans la porte, on le fera ».