Cent jours après les élections municipales, les nouveaux élus des 77 communes du Pays Cœur d’Hérault se sont réunis pour découvrir les missions concrètes du Syndicat mixte de Développement Local du Clermontais, Lodévois Larzac et de la Vallée de l’Hérault (Sydel). Ce jeudi 18 juin, ils ont sillonné le territoire en bus pour appréhender les actions de cette structure souvent perçue comme abstraite.
Une immersion sur le terrain
Rendez-vous était donné à la salle Jules Bral, au Bosc, avant de former trois groupes d’édiles. L’un d’eux a pris la direction du Clermontais. Première étape : Aspiran, où la commune a racheté une remise de 120 m² pour la transformer en boulangerie communale, avec un espace de coworking à l’étage. Ce projet illustre les compétences du Sydel en matière de Schéma de cohérence territoriale (SCoT) et de Plan Alimentaire Territorial (PAT).
Olivier Bernardi, maire d’Aspiran depuis 2014, a présenté le projet : “Ici, nous continuons de reprendre la main sur le cœur de ville. Aujourd’hui, il se dépaupérise grâce à notre action et nous sommes aussi attentifs au commerce local.” Le couple de boulangers, actuellement dans un local inadapté avec un loyer élevé, déménagera dans ces nouveaux locaux d’ici fin 2028. Le projet, d’un montant de 330 000 €, est porté par la commune (environ 50 % en fonds propres) avec le soutien du Pays Cœur d’Hérault, de la Communauté de communes, de l’État (DETR, ANCT) et de la Région.
La friche Salasc : renaissance d’un site emblématique
Les visiteurs ont ensuite rejoint Clermont pour découvrir la friche Salasc, ancienne usine d’embouteillage fermée depuis 1998. Le site va connaître une renaissance avec la création d’un hôtel-restaurant géré par la Fondation de l’Armée du salut, ainsi que des locaux d’activité et des espaces commerciaux. Gérard Bessière, maire de Clermont et président de la Communauté de communes du Clermontais, a souligné : “C’est un projet utile pour redynamiser le cœur de ville.” Le site a été acquis par plusieurs porteurs fonciers et financiers (Bellevilles, Foccal, Banque des territoires) sans participation financière de la commune. Le coût total du projet est de 6,5 millions d’euros, avec un soutien public de 2,8 millions d’euros de l’État (ANCT et Fonds vert).
Charlène Thomas, chargée de mission SCoT au Sydel, a expliqué : “Ce projet s’intègre complètement dans la stratégie globale du SCoT. Il y a aussi une volonté de le connecter au Pôle d’échange multimodal, en lien avec les mobilités durables.” Le site pourrait également servir de laboratoire pour le PAT, comme l’a suggéré Gérard Bessière.
Des ambitions politiques pour le territoire
Trois mois après les municipales, le Pays Cœur d’Hérault affiche sa volonté de donner une nouvelle envergure à ses actions. Jean-François Soto, président du Pays, espère à terme faire émerger une communauté d’agglomération à l’échelle des trois communautés de communes. D’autres visites étaient prévues, notamment la plateforme “Manger bio Languedoc” à Clermont, le site d’enfouissement de Soumont et le Mas Palat à Gignac.



