Norbert Grosso, 63 ans, retraité de l'aéronautique et nouveau maire de La Bastide, a présenté son premier bilan et sa feuille de route lors d'un entretien accordé à Var-matin. Sa priorité : la mise à jour du Plan communal de sauvegarde (PCS) et la préparation du village aux risques majeurs, notamment les incendies et les inondations.
Un premier bilan sous le signe de la continuité
Élu en mars dernier, Norbert Grosso résume ses premiers mois à la tête de la commune : « On a travaillé dans la sérénité, avec beaucoup de volontarisme et de dynamisme. Il n'y a pas eu de révolution, on est dans une belle continuité de ce qui se faisait dans le passé. » Cette continuité se traduit par la poursuite des projets initiés par la municipalité précédente, tout en y apportant une touche de modernité.
Sa toute première action a été de mettre à jour le Plan communal de sauvegarde. Ce document a permis d'identifier les grands projets à mener, avec l'appui de la société Predict services, mise à disposition par la Dracénie Provence Verdon agglomération. Deux risques majeurs ont été pointés : le risque d'incendie et le risque d'inondation.
Face au risque incendie : une réserve communale et des points d'observation
Bien que la commune n'ait pas été directement impactée par les incendies, Norbert Grosso note que « c'est la première année où on a eu autant de fermetures de massifs imposées par le préfet ». Pour renforcer la prévention, la municipalité travaille sur la création d'une réserve communale, forte d'une douzaine de bénévoles déjà engagés.
Le maire a également initié une rencontre avec les maires des communes mitoyennes du massif du Lachens et du Brouis (Mons, Séranon, La Roque-Esclapon, Bargème, La Martre, Châteauvieux, Brenon) pour réfléchir aux moyens actuels de défense contre l'incendie et aux procédures d'évacuation de la population. « Nous allons mettre tout ça en musique pour qu'on soit prêts à l'été prochain. Il faut préparer aujourd'hui aux risques de demain », a-t-il déclaré.
La commune ne dispose pas de Comité communal feux de forêt (CCFF), et seul Mons en possède un parmi les communes citées. Le poste de pompiers est situé à Comps-sur-Artuby. Des points d'observation doivent être créés. Par ailleurs, certaines bornes incendie ne sont pas aux normes, car elles dépendent du réseau d'eau potable, avec des débits variables selon les quartiers. L'installation de citernes aériennes est envisagée.
Inondations, eau non potable et sécurité routière
En cas d'orage bloqué sur le massif, le bas du village pourrait être inondé. Pour y remédier, la municipalité prospecte des terrains à acheter afin de créer des noues et des aménagements favorisant l'infiltration en amont, plutôt que de subir le ruissellement jusqu'au village.
Le maire porte également un projet de remise à disposition aux habitants de l'eau non potable, issue des sources qui alimentent les lavoirs avant de se perdre dans la rivière. L'objectif est de permettre l'arrosage gratuit des jardins et d'éviter la consommation d'eau potable, une ressource sensible.
Concernant la sécurité routière, le projet de création d'un trottoir et/ou d'une piste cyclable reliant le village à l'école intercommunale et à la salle des fêtes est à l'étude, avec des aménagements pour réduire la vitesse des véhicules. « On y travaille avec le Département », précise Norbert Grosso.
École, intercommunalité et vie locale
Les effectifs scolaires sont stables, avec même une légère augmentation du nombre d'élèves et une nouvelle direction cette année. L'école a un contrat avec une société pour la confection et l'apport des repas. La cuisine centrale de La Martre ne fonctionnant pas toute l'année, son approvisionnement vers l'école nécessiterait une volonté du Département de l'armer toute l'année.
La Bastide, avec Bargème, La Roque et Comps, fait partie des derniers villages entrés dans l'intercommunalité en 2017. « On a notre place », affirme le maire, qui attend de l'intercommunalité « une écoute, une aide, une assistance… Pas forcément que de l'argent, mais des moyens » pour le haut Var.
Soumis à la loi montagne et aux contraintes du parc du Verdon, le maire assume une priorité : « donner une priorité à nos habitants, pas au tourisme de passage ». La Bastide, l'un des rares villages à conserver des commerces, entend les faire vivre avec le soutien des associations et des artisans locaux.



