Dans son enquête « La Face cachée de l’empire Nestlé », le journaliste Alexandre Duyck, dont l’ouvrage sort ce 27 août, donne la parole à un ancien employé du groupe. Ce dernier décrit un fonctionnement « quasi sectaire », où l’image de marque « surplombe tout », au point d’étouffer les témoignages de parents d’enfants morts ou malades.
Un témoignage anonyme recueilli au printemps 2025
L’ancien cadre, qui a occupé « pendant plusieurs décennies, à plusieurs échelons, de hautes responsabilités » chez Nestlé, a toujours refusé une rencontre physique. Il a toutefois accepté d’échanger au téléphone avec le journaliste. Ses propos ont été recueillis au printemps 2025 et sont retranscrits dans l’ouvrage.
« Cette entreprise est une secte. Elle en a adopté le fonctionnement en dedans et en dehors », affirme cet ancien employé. En interne, le discours fondateur, le fameux « Good Food, Good Life » inventé il y a des décennies, doit être accepté par tous. « Tout le monde doit y croire et s’y plier », explique-t-il.
L’obsession de l’image et la pression sur les témoins
En dehors, poursuit le témoin, « l’obsession, c’est l’image ». Le géant de l’agroalimentaire, qui compte 2 000 marques et réalise 23 milliards de chiffre d’affaires, mettrait tout en œuvre pour protéger sa réputation. Selon l’ancien employé, cette pression est telle que « aucun parent des enfants morts ou malades ne s’exprime plus dans la presse ».
Cette affirmation s’inscrit dans le cadre plus large des affaires ayant entaché Nestlé, notamment ses pratiques commerciales visant à promouvoir le lait maternel de substitution au détriment de l’allaitement maternel. Le livre d’Alexandre Duyck passe au crible ces scandales, qui mettent en danger la santé des nourrissons.
Un ouvrage qui paraît le 27 août
« La Face cachée de l’empire Nestlé » est publié ce 27 août. L’enquête du journaliste Alexandre Duyck s’appuie sur des témoignages et des documents internes pour documenter les méthodes du groupe. L’extrait publié par Le Nouvel Obs, dont l’article est réservé aux abonnés, met en lumière la culture d’entreprise décrite par cet ancien cadre.
Le témoignage de cet ancien employé, qui reste anonyme, constitue l’un des éléments clés de l’enquête. Il décrit une entreprise où la défense de l’image prime sur la transparence et la sécurité, une accusation grave qui relance le débat sur les pratiques de Nestlé dans les pays en développement, où l’entreprise est régulièrement critiquée pour ses campagnes de marketing agressives en faveur des laits artificiels.



