Monaco: le ministre d'État transparent sur le futur centre commercial
Monaco: le ministre transparent sur le centre commercial

Publicité « Être le plus économe possible de deniers publics » : le ministre d’État joue cartes sur table quant au futur centre commercial de Monaco

À l’occasion d’un entretien avec Monaco-Matin, le ministre d’État Christophe Mirmand s’est voulu totalement transparent sur l’approche de ce dossier complexe encore loin d’une issue à Monaco. Le « ripolinage » de la galerie commerciale va débuter pour se poursuivre jusqu’en décembre 2026.

Indigne des standards de la Principauté, la galerie du Centre commercial de Fontvieille (CCF) est une fade quadragénaire. Le constat de vétusté ne date pas d’hier, d’où le lancement dans les années 2010 d’études pour l’édification d’un centre flambant neuf dont l’estimation est montée jusqu’à… 700 millions d’euros ! Un « Cap3000 bis » qui ne verra finalement jamais le jour.

D’abord, parce que Monaco n’a plus la folie des grandeurs et ne veut pas de ces « éléphants blancs » qui pullulent en France périurbaine, sans répondre à la réalité de leur zone de chalandise. Ensuite, parce que le parcours d’achat s’est largement digitalisé avec l’émergence de plateformes internationales et la pandémie, et qu’aujourd’hui un centre commercial doit offrir une véritable expérience de loisirs pour s’affirmer comme un lieu de vie. Enfin, parce que les premiers concernés, les commerçants, ne sont jamais avares de volte-face…

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« C’est un peu le syndrome Notre-Dame des Landes »

« C’est un peu le syndrome Notre-Dame des Landes en France, tranche le ministre d’État, Christophe Mirmand. On part en 1968 avec un projet qu’on dit formidable parce qu’on a besoin d’un aéroport pour l’ouest, on achète des terrains dans la campagne entre Rennes et Nantes, et puis 50 ans après le projet n’est toujours pas fait et on se rend compte que les préoccupations ont évolué. Les mêmes qui nous disent aujourd’hui que, finalement, ils aiment beaucoup la galerie commerciale que l’on va faire avec 5 millions, sont peut-être les mêmes qui, il y a quelques années, voulaient un Cap 3000 bis. Et puis les mêmes peut-être qui nous diront, dans quatre ou cinq ans, pourquoi vous avez fait les choses au rabais ? »

Mi-mai, l’Administration des Domaines a en effet présenté aux commerçants du CCF un calendrier de travaux s’étalant de juin à décembre 2026. Budget : 4,36 millions d’euros. Objectif : réaliser un home staging des espaces communs pour plus de clarté et d’attractivité. Un cache-misère aussi, puisque les infiltrations d’eau vont, par exemple, être canalisées plutôt que réparées.

« C’est un peu plus compliqué que de le ripoliner »

Une solution provisoire rappelle le ministre d’État, pour qui l’avenir du cœur battant de Fontvieille ne peut se résumer à l’illusion d’une solution cosmétique. « Les gens se disent pourquoi ils mettent tellement de temps sur certains projets, sauf que le projet du centre commercial de Fontvieille, c’est un peu plus compliqué que de le ripoliner ! »

Pourtant, des commerçants « historiques » de l’espace commercial ont salué avec enthousiasme ce « ripolinage », allant jusqu’à considérer qu’il pourrait « suffire » si accompagné « d’un système de rafraîchissement du mail ouvert, de salles de cinéma et d’une ou deux enseignes dans les espaces libérés au premier étage ». Certains craignant peut-être aussi qu’une montée en gamme finisse par les éloigner de leur fonds de commerce ?

« Un effort de créativité »

Le gouvernement, lui, continue de réfléchir à un projet bien plus ambitieux autour des 400 millions d’euros. « Des contrats ont été signés avec un opérateur en 2019, Socri (devenu Ceïba). Aujourd’hui, nous avons besoin de reconsidérer et revoir avec l’opérateur le projet, décrypte le ministre d’État. J’ai souhaité, avec les Départements concernés, qu’on puisse s’asseoir autour d’une table et avoir des contrats qui soient équilibrés. Mon ambition étant que l’État puisse être le plus économe possible de deniers publics et le moins exposé au risque financier. »

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Un nouvel équilibre à trouver qui nécessite « un effort de créativité y compris juridique » de l’aveu de Christophe Mirmand. « On se voit pratiquement une demi-journée par mois avec l’opérateur pour voir ces hypothèses. Je ne suis pas sûr que l’on parvienne à un accord mais le gouvernement veut explorer toutes les marges de manœuvre dont il dispose. Et si à un moment nous ne sommes pas satisfaits de ces discussions, il faudra peut-être en tirer toutes les conséquences. » Pourquoi pas changer de partenaire, donc. Mais c’est bien un projet ambitieux et calibré au plus juste des besoins de la Principauté sur lequel planchent État et Ceïba actuellement.