Meta condamné à verser 567 M$ à un État américain
Meta condamné à verser 567 M$ pour protéger les mineurs

Un juge du Nouveau-Mexique a condamné Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, à verser 567 millions de dollars à l'État pour financer des programmes de protection de l'enfance en ligne. Cette décision, rendue publique le 7 août 2025, marque une première historique : jamais un réseau social n'avait été contraint de payer une telle somme pour des dommages causés à des mineurs.

Une sanction inédite pour Meta

La plainte avait été déposée en 2023 par le procureur général du Nouveau-Mexique, Raúl Torrez, qui accusait Meta de ne pas avoir protégé les mineurs contre les prédateurs sexuels sur ses plateformes. Selon les documents judiciaires, des employés de l'entreprise auraient même laissé circuler des contenus inappropriés, malgré les alertes internes.

Le montant de 567 millions de dollars représente environ 0,3 % du chiffre d'affaires annuel de Meta, qui s'élevait à plus de 160 milliards de dollars en 2024. Cette somme sera destinée à financer des programmes de sensibilisation, de soutien aux victimes et de contrôle parental dans l'État.

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Une décision qui fait jurisprudence

Pour Raúl Torrez, cette condamnation est "un signal fort envoyé à toutes les entreprises technologiques" : "Elles ne peuvent plus se cacher derrière leurs algorithmes pour éviter leur responsabilité. La protection des enfants est une priorité absolue, et nous sommes prêts à aller en justice pour la faire respecter."

Meta a annoncé son intention de faire appel, estimant que la décision "ignore les nombreuses mesures déjà prises" pour assurer la sécurité des plus jeunes. Dans un communiqué, l'entreprise a rappelé avoir investi plus de 20 milliards de dollars depuis 2016 dans des équipes et des technologies dédiées à la sécurité en ligne.

Des accusations graves

L'enquête menée par le bureau du procureur avait révélé que des employés de Meta avaient signalé en interne, dès 2021, des problèmes récurrents de sollicitation de mineurs sur Instagram. Malgré ces alertes, peu de mesures correctives avaient été prises, selon la plainte.

En 2023, une opération sous couverture avait permis de constater que des comptes de faux adolescents recevaient des messages à caractère sexuel de la part d'adultes, sans intervention rapide de la plateforme. Ces éléments ont été déterminants dans la décision du juge.

Un précédent pour les autres États

Cette condamnation pourrait inciter d'autres États américains à engager des poursuites similaires. Plusieurs d'entre eux, comme la Floride ou l'Ohio, ont déjà adopté des lois restrictives sur l'utilisation des réseaux sociaux par les mineurs, mais aucune n'avait abouti à une sanction financière aussi lourde.

Pour les associations de protection de l'enfance, cette décision est "une victoire majeure" : "Elle montre que les géants de la tech doivent être tenus responsables des conséquences de leurs produits, surtout lorsqu'il s'agit de la sécurité des enfants", a déclaré Sarah Smith, porte-parole de l'ONG Child Safety Network.

Meta réagit et promet de faire appel

Meta a immédiatement réagi en annonçant qu'elle ferait appel de cette décision. L'entreprise estime que le montant est disproportionné et que les mesures déjà mises en place, comme le contrôle parental renforcé ou l'âge minimum de 13 ans, ne sont pas suffisamment pris en compte.

En attendant, le Nouveau-Mexique va mettre en place un fonds dédié, géré par le département de la Santé, pour distribuer les fonds. Les premières actions devraient concerner des campagnes de prévention dans les écoles et des lignes d'assistance pour les victimes.

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de régulation des réseaux sociaux aux États-Unis, où le débat sur la protection des mineurs est devenu un enjeu électoral majeur. La décision du Nouveau-Mexique pourrait bien accélérer les changements législatifs dans d'autres États.

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