Nino-Anne Dupieux, ancienne adjointe à la mairie d'Orléans et élue municipale pendant quatorze ans (1995-2008), a vécu un véritable calvaire en juillet dernier. Âgée de 85 ans, cette retraitée de l'Éducation nationale a été contrainte de passer six jours sur un brancard aux urgences du CHU d'Orléans, faute de lits disponibles. Deux semaines après les faits, elle a décidé de briser le silence et de témoigner, comme le rapporte ICI Loiret.
Un séjour aux urgences qui tourne au cauchemar
Tout commence en juillet, lorsque Nino-Anne Dupieux, souffrant d'une hémorragie, se rend au CHU de la préfecture du Loiret. Sur place, elle découvre un service d'urgences saturé, où elle restera six jours entiers sur un brancard, sans lit. Pour cette femme de 85 ans, cette expérience est un véritable supplice. « Un enfer », n'hésite-t-elle pas à qualifier, dans un communiqué de quatre pages qu'elle a rédigé pour exprimer sa colère.
Face à cette situation, l'octogénaire a pris une décision radicale : signer une décharge de sortie, contre l'avis des médecins. Un choix qu'elle assume pleinement, deux semaines après son calvaire. Aujourd'hui, elle souhaite alerter l'opinion publique sur les conditions d'accueil dans les hôpitaux publics, et se fait le porte-parole de tous ceux qui ont vécu la même chose.
Un témoignage qui dépasse le cas personnel
Nino-Anne Dupieux ne se contente pas de raconter son expérience personnelle. Elle se mue en porte-parole révoltée d'une situation qui dépasse largement son cas. « Si je peux me faire l'avocate de tous ceux qui ont vécu la même chose, mais qui n'osent pas parler, je le ferai », a-t-elle déclaré, déterminée à faire bouger les choses.
Dans son communiqué, elle décrit avec précision les conditions de son séjour : l'attente interminable, le manque de considération, mais aussi la solidarité du personnel soignant. Malgré son indignation, elle tient à saluer le travail des équipes médicales du CHU d'Orléans, qu'elle décrit comme « des gens extraordinairement humains, gentils, professionnels, attentifs ». Une lueur d'espoir dans un tableau sombre.
Le CHU d'Orléans annonce la réouverture de 42 lits
De son côté, la direction du CHU d'Orléans reconnaît les difficultés rencontrées cet été et annonce des mesures pour y remédier. L'établissement prévoit en effet de rouvrir 42 lits d'ici le mois de septembre, avec un délai qui pourrait toutefois se prolonger jusqu'en novembre. Une annonce qui intervient après plusieurs semaines de tension aux urgences, où les patients se sont souvent retrouvés sur des brancards faute de place.
Cette situation n'est pas isolée : elle reflète les difficultés chroniques du système de santé français, confronté à une pénurie de personnel et à un manque de moyens. Pour Nino-Anne Dupieux, ce témoignage est un moyen de mettre en lumière ces problèmes et d'inciter les pouvoirs publics à agir. « Il faut que les choses changent », conclut-elle, espérant que son histoire ne restera pas lettre morte.



