La MGEN conteste fermement le projet gouvernemental de transférer la gestion de l'Assurance maladie obligatoire de 3,3 millions d'enseignants et d'autres fonctionnaires à la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). Lundi, son président Matthias Savignac a exprimé son opposition lors d'une conférence de presse, alors que la convention actuelle doit expirer le 31 décembre 2027.
« On ne voit pas le rationnel économique ou d'efficacité de cette décision, on ne voit pas ce qu'elle apporterait aux assurés sociaux ou aux finances de l'État », a déclaré Matthias Savignac. Actuellement, les fonctionnaires concernés passent par la MGEN pour le remboursement de leurs dépenses de santé, et non directement par l'Assurance maladie.
Un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros en 2025
La mutuelle est rémunérée par l'Assurance maladie à hauteur de 100 millions d'euros pour assurer cette mission. Selon Matthias Savignac, cette rémunération « se fonde sur celle des trois meilleures caisses primaires » de l'Assurance maladie. Il estime donc qu'un transfert vers la Cnam ne permettrait pas nécessairement de réduire les coûts : les 3,3 millions d'assurés seraient alors « dilués » dans des caisses primaires qui, globalement, « gèrent pour plus cher que nous ».
Environ 1 000 salariés de la MGEN travaillent actuellement à la gestion déléguée du régime obligatoire, sur quatre sites situés à Montreuil, Lyon, Rennes et Le Mans. Sur les 100 millions d'euros versés pour cette activité, la mutuelle doit acquitter « de 10 à 15 millions » d'euros de redevance pour utiliser le nouvel outil informatique de la Cnam, a précisé son directeur général Christian Cochennec. La MGEN a réalisé 3,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025.
Pas encore de notification au gouvernement
Aucune notification officielle du gouvernement n'a pour l'instant été adressée à la MGEN et aux autres mutuelles concernées, selon Matthias Savignac. La mutuelle indique avoir été informée du projet au cours d'une réunion organisée cet été avec le ministère de l'Éducation nationale, sans avoir ensuite obtenu de précisions du ministère de la Santé ou de Matignon.
Le système actuel trouve son origine dans la création de la Sécurité sociale. Les enseignants, qui disposaient déjà d'assurances santé mutualistes, avaient alors obtenu de conserver leur propre organisation de couverture santé au sein d'une mutuelle unique.
La MGEN attend donc des éclaircissements sur les intentions du gouvernement, alors que la convention actuelle doit prendre fin le 31 décembre 2027. L'avenir de la gestion déléguée et des 1 000 salariés concernés dépendra des décisions à venir.