Le président du Medef Gard, Steeve Calligaro, a lancé un appel en faveur d'un guichet unique du développement économique à l'occasion de la journée "Place à l'entreprise" qui se déroule ce jeudi 18 juin à Nîmes. Il attend plus de 600 participants pour cet événement majeur de l'organisation patronale, qui sera également l'occasion de faire passer des messages importants.
Une hausse vertigineuse des défaillances d'entreprises
Interrogé sur le nombre "record" de défaillances d'entreprises évoqué par le président national du Medef, Patrick Martin, Steeve Calligaro confirme que la situation est également préoccupante dans le Gard. "Nous déplorons, sur le premier semestre, une hausse de 17 % des défaillances d'entreprises dans le département. C'est vertigineux et c'est notamment dû à un ralentissement de la consommation." Il explique que ce ralentissement est lié à un contexte global d'incertitudes géopolitiques, politiques et à la hausse des coûts de l'énergie. Mais au-delà, il estime que "nous sommes au bout d'un système qui consiste à toujours aller vers la solution de l'imposition sur le coût du travail, sur les impôts de production". Il critique un exécutif qui "navigue à vue pour tenir jusqu'en 2027, malgré un État au bord du gouffre en termes financiers".
Un constat structurel
Pour le président du Medef Gard, la crise au Moyen-Orient ne doit pas masquer les problèmes structurels de la France. "Nous avons un pays qui a augmenté le nombre de fonctionnaires de 7 % en dix ans, qui est le plus imposé en termes de coût de travail, un pays où, pourtant, nous travaillons le moins longtemps avec la plus faible durée hebdomadaire de travail et un taux d'emploi des actifs parmi les cinq plus bas de l'OCDE." Il dénonce une équation qui ne tient pas sans réduire les dépenses de l'État, ce qui alourdit la dette. Le Medef préconise donc un choc fiscal et réglementaire pour libérer les forces créatrices de valeur et d'innovation. "Il faut aujourd'hui deux fois plus de temps pour implanter une usine en France que chez nos voisins, ce qui est préjudiciable dans un contexte international très concurrentiel."
Les disparités territoriales
Steeve Calligaro note que certains territoires réussissent mieux que d'autres. "Il y a trente ou quarante ans, l'Hérault et le Gard étaient très comparables, ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui. À Montpellier, des gens ont fait l'effort, au-delà des étiquettes politiques, de créer un écosystème favorable aux entreprises." Il déplore que le Gard soit le sixième département le plus pauvre de France, avec plus d'un Nîmois sur cinq (26 %) sous le seuil de pauvreté. Pourtant, le département dispose d'atouts : "Nous sommes à trois heures de Paris, sur l'axe Italie-Espagne, nous avons des ressources naturelles, une viticulture, un tourisme, une histoire industrielle…" Mais selon lui, le problème vient du manque de collégialité : "On subit encore les guéguerres entre les uns et les autres, ceux qui privilégient les leaderships locaux à l'intérêt général."
L'appel à un guichet unique
Lors de la journée "Place à l'entreprise", Steeve Calligaro lancera un appel aux politiques et institutionnels pour qu'ils se mettent autour d'une même table. "Il faut absolument mettre en place un guichet unique du développement économique, qui faciliterait l'accueil d'entreprises, aiderait à lever de l'investissement et œuvrerait à la réindustrialisation." Il insiste sur la nécessité de ne pas opposer grands groupes et PME, citant l'exemple de Bagnols-sur-Cèze et Marcoule, deuxième pôle industriel de l'Occitanie, où plus de 800 entreprises vivent autour de leaders de l'atomique et de l'électricité. "Un leader sur son marché fait vivre une myriade de sous-traitants et la chaîne va jusqu'au petit commerce du village."
Des succès mais une vérité à poser
Malgré les difficultés, Steeve Calligaro reconnaît qu'il y a des succès dans le Gard. "En tant qu'organisation patronale, on n'a pas intérêt à noircir le tableau. Mais à un moment donné, il faut poser la vérité." Il conteste l'idée que la situation de l'emploi ne soit pas si mauvaise, soulignant que le solde de créations d'entreprises ne compense pas le poids économique des défaillances. "On ne peut pas comparer une PME de dix salariés qui s'arrête à cinq auto-entrepreneurs qui créent leur activité." Il appelle donc à prioriser le développement économique. "Créer des entreprises ou les faire prospérer, c'est le postulat de tout le reste."
La présence de Patrick Martin et Michel Onfray
Le président national du Medef, Patrick Martin, sera présent à Nîmes pour appuyer ce message. Interrogé sur l'invitation du philosophe Michel Onfray, Steeve Calligaro explique que l'an dernier, Christophe Barbier avait passionné l'auditoire sur le concept du travail. Michel Onfray abordera les relations entre l'individu, la société et les mutations contemporaines. "L'entreprise est une organisation sociale bien identifiée, la base de notre société. Mais elle fait face à des transitions : décarbonation, intelligence artificielle, questions de souveraineté, aspirations des nouvelles générations… Autant de sujets que le Medef se doit d'aborder."



