Tête de cochon à Nice : deux versions s'opposent lors de la confrontation
Tête de cochon à Nice : deux versions s'opposent

Le 12 juin dernier, deux versions se sont affrontées lors d'une confrontation organisée par les magistrates instructrices dans l'affaire de la tête de cochon à Nice. D'un côté, Amine S., suspecté d'avoir accroché une tête de porc aux grilles de la résidence de Christian Estrosi, maintient ses accusations. De l'autre, Sevan B., proche du maire sortant, nie être l'instigateur de cette opération de déstabilisation électorale. Cette affaire, qui a marqué la fin de la campagne municipale à Nice, continue de susciter des zones d'ombre.

Les faits et le contexte de l'affaire

Le 27 février 2026, vers 22h30, le couple Estrosi découvre une demi-tête de porc accrochée aux grilles de leur résidence niçoise. Un tract à l'effigie du maire sortant, surmonté d'une étoile de David, est épinglé sur l'animal. Christian Estrosi, candidat à un quatrième mandat, dénonce immédiatement une tentative d'intimidation à caractère antisémite. Une semaine plus tard, un suspect est interpellé à proximité immédiate du maire. Les investigations téléphoniques révèlent alors que ce suspect, un Tunisien de 38 ans, aurait été radioguidé jusqu'à Christian Estrosi par sa propre directrice de la communication. Cette découverte ouvre la boîte de Pandore et soulève des questions sur une possible implication interne.

Les accusations d'Amine S.

Amine S., hacker tunisien réfugié en France depuis une dizaine d'années, a décidé de parler. Il accuse directement Sevan B., un proche de Laura Tenoudji-Estrosi, également mis en examen dans ce dossier. Selon Amine S., Sevan B. serait l'instigateur de l'opération. Il affirme que lors d'une réunion avec Christian Estrosi, une semaine avant les faits, le maire lui aurait tendu son portable avec le numéro de Sevan B. en précisant : "dorénavant ce sera votre seul point de contact, tout passera par lui…". Amine S. déclare également que Sevan B. l'aurait appelé 48 heures avant les faits en disant : "j'ai eu une putain d'idée" et aurait supervisé l'opération à distance.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La défense de Sevan B.

Sevan B., professionnel de la communication digitale ayant vécu à Los Angeles, reconnaît avoir tenté de sauver la campagne de Christian Estrosi en utilisant des méthodes qu'il qualifie lui-même de "border". Il admet avoir été sollicité par le maire pour contrer les attaques sur les réseaux sociaux, en organisant des commentaires positifs pour Estrosi et négatifs pour Ciotti. Il reconnaît avoir créé de fausses pages de fans, produit des contenus automatisés via l'intelligence artificielle, et acheté de la publicité pour augmenter artificiellement l'audience. Un budget de 50 000 euros aurait été alloué à ces actions. Cependant, il réfute catégoriquement être l'instigateur de la tête de cochon et souligne que les investigations téléphoniques n'ont pas retrouvé les messages évoqués par Amine S.

Les contradictions dans les déclarations

Sevan B. pointe plusieurs incohérences dans les déclarations d'Amine S. : des confusions de dates, un rendez-vous qui n'aurait jamais eu lieu, des messages introuvables. Il s'agace : "C'est toujours pareil, [il] mélange le vrai et le faux". Amine S. se vante d'avoir tout conservé, affirmant avoir donné un faux code d'accès aux enquêteurs pour effacer le contenu de son portable, et s'être mis en mode avion pour éviter la suppression à distance de ses échanges sur Telegram. Il reconnaît néanmoins que sa propre voiture a servi à transporter la carcasse, ce qui a conduit à sa découverte. Il explique avoir refusé initialement de prêter son véhicule à ses complices car ils avaient consommé de l'alcool et des stupéfiants, une justification jugée peu crédible.

Conclusion et perspectives

L'instruction se poursuit pour déterminer où se trouve la frontière entre le vrai et le faux dans cette affaire complexe. Les deux versions s'opposent radicalement, et les enquêteurs doivent démêler les faits. Cette affaire, qui a ébranlé la campagne municipale à Nice, pourrait avoir des répercussions politiques importantes. Les prochaines étapes de l'enquête seront cruciales pour établir la vérité.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale