Zoo de Fréjus : course contre la montre pour reloger les animaux
Zoo de Fréjus : course contre la montre pour reloger les animaux

Un mois après la fermeture du parc zoologique de Fréjus, une course contre la montre est engagée pour reloger les quelque 500 animaux encore sur place. Seuls 10 % d'entre eux ont déjà trouvé un nouveau refuge, et le site doit être entièrement libéré d'ici le 27 novembre. Les quatorze soigneurs du parc et son directeur Christophe Garreau restent mobilisés pour préparer les pensionnaires à leur futur départ.

Une diversité qui complique les recherches

Les animaux encore présents au Capitou représentent une grande diversité d'espèces : marsupiaux, primates, oiseaux rares, herbivores, reptiles ou grands carnivores. Chacun a des besoins spécifiques en termes d'espace et d'aménagements. Certains peuvent aussi être difficiles à accueillir en raison des nuisances sonores qu'ils occasionnent.

Valérie Mandier, cheffe animalière du parc et salariée depuis 25 ans, explique : « Pour les animaux sauvages, c'est plus compliqué. Notamment concernant les plus volumineux. Nous avons aussi des animaux âgés qui ne sont pas les plus recherchés. »

Préparer les animaux au transfert

La fermeture au public, intervenue fin août, a permis de préparer les animaux à ce qui les attend. « Il s'agissait de leur octroyer un temps de repos ou encore de les habituer à la présence de filets ou de fusils hypodermiques dans les mains des soigneurs », détaille Valérie Mandier. Lors d'un transfert, la moindre panique peut avoir de lourdes conséquences, tant pour l'animal que pour les personnes chargées de le manipuler.

Les contacts se multiplient avec les établissements susceptibles d'accueillir les animaux. « Nous sommes en relation avec de nombreux autres parcs, surtout en France mais aussi à l'étranger », poursuit la cheffe animalière. « Il ne s'agit pas de les caser à n'importe quel prix et dans n'importe quel lieu », insiste l'équipe du parc, pour qui le bien-être et la sécurité des animaux comme des soigneurs restent la priorité.

L'espoir de reconstruire ailleurs

Au-delà du devenir immédiat des animaux, une autre bataille se joue pour le personnel du zoo. Le projet de transfert sur les terrains de l'ancien Safari de l'Estérel, longtemps espéré par Christophe Garreau, ne verra finalement pas le jour. Mais l'équipe n'a pas renoncé à l'idée de poursuivre son activité ensemble.

« Nous espérons toujours trouver un terrain sur le territoire. Parce que le climat se prête bien à l'accueil de nos espèces, qu'il n'y a pas d'autre parc zoologique tout prêt et parce que nous avons le sentiment que nous sommes utiles », confie Valérie Mandier. Une perspective qui permettrait notamment de conserver les animaux qui ne pourraient pas être accueillis ailleurs de façon pérenne et de préserver une équipe qui fonctionne.

La Ferme du Pigeonnier accueille 43 animaux

Pour 43 animaux du parc zoologique, une solution a déjà été trouvée grâce à la ferme pédagogique du Pigeonnier. Celle-ci a ouvert ses portes à une partie des animaux domestiques du zoo : 30 perruches ondulées, dix moutons, deux conures et un alpaga ont rejoint les quelque 300 animaux déjà présents dans cette structure associative. La ferme accueille notamment des animaux abandonnés ou blessés, surtout après les incendies de cet été.

« L'alpaga a été craintif quelques jours mais a déjà pris ses marques. Les moutons se sont, eux aussi, rapidement adaptés à notre contact et celui de nos visiteurs », raconte David, co-gérant de la ferme. Pour les perruches, l'acclimatation est plus longue. « Mais elles vont finir par s'adapter par mimétisme avec nos autres oiseaux », estime-t-il. La ferme, qui avait traversé une période financière délicate, assure aujourd'hui avoir retrouvé un peu d'air grâce à une fréquentation en hausse. « Nous n'avons toujours pas de subventions mais nous arrivons à nous en sortir désormais car nous accueillons de plus en plus de visiteurs, d'écoliers, d'événements », indique son responsable.