Marmande : ces figures locales qui font bouger la ville
Marmande : ces figures locales qui font bouger la ville

Alain Martin, contre les clichés liés aux troubles psy

Alain Martin est toujours à la tête de l’Asam. En créant l’Association sport adapté du Marmandais (Asam), l’infirmier psy de la Candélie a eu de la suite dans les idées. L’objectif au départ, pour Alain Martin, était de monter un club dans lequel les personnes atteintes de troubles psychiques puissent s’épanouir avec des repères ou des entraînements. Trente-cinq ans plus tard, les sportifs ont enchaîné les titres et les adhérents participent à toutes les manifestations phares de la cité. Et lui, le fondateur, qui a même eu son incarnation au cinéma dans « Fêlés » par Pierre Richard, vient d’ajouter une corde à son arc avec Emergence, une association pour aider les patients à renouer avec l’emploi et combattre les clichés. Ils auront même un local commercial : à l’ancienne Mie Câline, transformée en saladerie/sandwicherie.

Annick Cornaggia, du commerce aux associations

Une retraitée active et au grand cœur. Son visage est connu de toute la cité. Que ce soit pour des causes difficiles ou des moments plus joyeux dans les rues de Marmande, Annick Cornaggia fait partie du paysage. Elle a fondé SOS Accueil femmes enfants il y a huit ans, en parallèle de son activité de commerçante du centre-ville, et vient, depuis, en aide aux victimes de violences toute l’année dans la maison qui leur sert de refuge. L’ancienne présidente des commerçants a aussi fait renaître de ses cendres le comité des fêtes de Marmande en 2024 et, un an plus tard, la Cavalcade, disparue depuis 2019. La retraitée en est encore la cheville ouvrière pour cette édition 2026, sauf que le défilé ne se déroulera pas pendant la Fête de la tomate mais pendant la Fête des fleurs et des saveurs, le samedi 16 mai.

Marion Wegscheider et Chiara Mancini, les Filles du commerce

Le duo met de l’animation place du Marché. Depuis qu’elles ont repris, en 2022, le Café du commerce, qui était leur QG pendant de nombreuses années, « les filles », alias Marion Wegscheider et Chiara Mancini, ont ranimé la place du Marché à coups de convivialité et d’animations à gogo : les concerts bien sûr, mais aussi des journées jeux de société. « Les clients savent d’emblée qu’il se passera quelque chose ici le jeudi soir », sourient les gérantes, qui mesurent leur chance de disposer d’un lieu au pied du marché le samedi matin. On peut facilement s’y détendre et grignoter au sortir des emplettes. Investies au sein de l’association des commerçants (l’Umeca), les jeunes femmes mettent aussi à l’honneur des jeunes talents musicaux sortis ou non de la Rock School Marmande, avec qui elles travaillent en chœur. « L’idée, c’est de ne pas lasser les gens avec les mêmes groupes, et on dispose d’un vivier important dans les associations marmandaises », assure Marion. Elles portent aussi le collectif « barbars », qui rassemble leurs homologues pour les concerts de l’été à la Filhole.

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Thierry Planès, créateur de Mondoclowns

Il est, depuis dix ans, le Monsieur Loyal du festival. Un sourire et un bonjour toujours sincères à l’heure de le croiser dans la rue ou en Monsieur Loyal. Thierry Planès est parti de la cité à 20 ans pour s’inscrire à des cours d’art dramatique mais clame d’emblée que Marmande, c’est sa ville, là où il a effectué son apprentissage de pâtissier. Et c’est pour ça qu’il s’y est réinstallé en 2016, au sortir de la première édition de Mondoclowns, festival alliant ses deux passions : le théâtre et les clowns, et qu’il a toujours imaginé pour la cité. « Depuis gamin, je m’étais dit que j’avais envie d’amener quelque chose à Marmande », retrace le quinquagénaire. Dix ans plus tard, l’artiste et fondateur de l’événement s’est entouré depuis d’une kyrielle de bénévoles prêts à poser des congés pour préparer la fête. Toutes les représentations des quatre jours de spectacles se jouent à guichets fermés au Comœdia, et Thierry Planès transforme Marmande en terrain de jeu pour des clowns de tous horizons chaque hiver. Ils seront de nouveau présents pour la 11e édition, en février 2027.

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Monique Normand, artisane du jumelage italien

Monique Normand, 83 ans, ancienne adjointe et figure marmandaise. Qui ne connaît pas Monique Normand ne peut pas être réellement considéré comme Marmandais… Convaincue qu’on peut « bien vivre » dans la cité et s’y intégrer via ses nombreuses associations, celle qui est connue comme le loup blanc s’y active depuis la fin des années 1990, à titre personnel, ou en tant qu’adjointe à la culture entre 2001 et 2014. C’est à l’octogénaire que l’on doit la création du comité de jumelage avec les voisins italiens de Portogruaro dans la région de Vénétie, pour, notamment, rendre hommage à tous les immigrés, dont ses parents, qui ont gagné le Marmandais en quête d’une vie meilleure, mais aussi la fondation du Coro Allegria, chorale locale qui chante en italien, certes, mais accessible à tous. L’ancienne professeure d’histoire-géographie de Val de Garonne a fait partie des débuts de l’Upop et est membre des confréries de la tomate et des vins du Marmandais. Un investissement qui lui a valu, en 2021, de recevoir la médaille de l’ordre national du Mérite.

Marianic Parra, l’art dans la peau

Marianic Parra a imaginé une maison enchanteresse pour petits et grands. On doit à Marianic Parra l’une des plus belles curiosités de la Cité de la tomate. Ni un musée ni une maison d’art, la Maison Parra, rue Paul-Vergne, est une œuvre totale dans laquelle le visiteur peut s’immerger sans qu’il soit un fin connaisseur d’art contemporain. Le projet de créer une « maison enchanteresse » a été accéléré par la crise du Covid. Mais c’est une idée – pensée avec son mari, Jean-Pierre, musicien et poète – que la plasticienne globe-trotteuse de renom cherche à concrétiser depuis longtemps. Après la visite de 40 maisons dans le Sud-Ouest, le couple a eu un coup de cœur pour Marmande et la belle bâtisse que Marianic a transformé, en six ans, en un tableau immersif. Cette création, faite à « 80 % avec des matériaux recyclés », explore les trois grands temps de la représentation de la nature dans l’histoire de l’art du paysage, de l’impressionnisme jusqu’au landart. Une proposition ambitieuse que l’artiste a toujours voulue comme un « site touristique » accessible à tous : portes ouvertes, prix attractifs, labels, collaborations avec les clubs sportifs, la Cité de la formation, Marianic Parra est une tisseuse de liens. « Et j’ai encore beaucoup de choses à faire », déclare la plasticienne, qui prévoit encore deux ans de création, et commence à élaborer un projet d’extension.

Gilles Versier, figure du BBM

Gilles Versier est passé par pas moins de 30 clubs avant de se faire adopter par Marmande. « Ce qu’on a fait, c’est énorme, on est à jamais les premiers. » L’émotion habite toujours Gilles Versier en se remémorant la victoire historique du BB Marmande au Trophée Coupe de France devant près de 7 000 spectateurs le 25 avril 2025 puis la Super Coupe « Sud Ouest ». Quand il est recruté pour entraîner les bleus et blancs à l’été 2024, le Drômois trouve une équipe à reconstruire presque de toutes pièces après une relégation, « mais il y a de l’espoir ». « La mayonnaise a pris » et, joueurs comme supporteurs, ont été récompensés par une saison qui restera marquée dans les mémoires du club et de la Cité de la tomate. « Avec nos petits moyens on a été la meilleure équipe de France de la quatrième division (N2) », se satisfait le coach de l’équipe qui a dû renoncer, faute de moyens humains et financiers, à une montée en N1. Se relever, tourner la page, avancer, telle est le leitmotiv de celui qui est passé par pas moins de 30 clubs avant de se faire adopter par Marmande, où il exerce comme agent municipal en charge aux cimetières de la Ville. La carrure imposante de ce géant aux yeux tendres ne côtoiera plus les parquets du Collineum comme entraîneur la saison prochaine mais Gilles Versier veut continuer son engagement au BBM. En tant qu’élu au club, il veut relever de nouveaux défis.

Maeva Bouliteau, une politique en herbe

Maeva Bouliteau est membre du Conseil municipal des jeunes. Se rendre utile, c’est le credo de la jeune Maeva Bouliteau, 17 ans. Fille de l’ancien élu Bernard Bouliteau, elle suit ses traces en politique puisqu’elle fait partie du Conseil des jeunes depuis trois ans. « J’ai participé à l’organisation de la soirée roller à CESAme et au dispositif Garoclopes, pour lequel j’ai fabriqué des cendriers en bouteilles de lait. » La jeune fille est impliquée dans plusieurs associations marmandaises : Nos arbres en ville, le comité des fêtes, où elle s’est mobilisée pour le réveillon à l’Espace expo, et Pépinière des bénévoles, une émanation de l’Office marmandais des sports. D’ailleurs, côté sports, son loisir, la marche athlétique, l’a menée à être primée au podium sportif pour ses performances aux championnats de France en 2025 : sur piste, sur route ou en salle. « J’aime bien les sensations que cela procure, et c’est original, peu de gens pratiquent cette discipline », justifie la sportive qui, là encore, s’est peut-être inspirée de son paternel, recordman de course à reculons. La lycéenne ne vise pas qu’une carrière politique : en formation à Fazanis et amoureuse des animaux, elle rêve de devenir assistante vétérinaire.

Jean-Luc Berto, la voix des entrepreneurs

Le quinquagénaire est président de la Fédération française du bâtiment en Lot-et-Garonne, depuis septembre 2025. Jean-Luc Berto, 59 ans, c’est d’abord un nom : celui de l’entreprise de construction métallique Berto qu’il dirige depuis 2020 à Marmande, et qui va fêter ses 80 ans. Mais l’homme n’aime pas être mis en avant. « Oui, je suis à la tête de plusieurs comités et fédérations, mais c’est parce qu’il faut bien un président », minimise le Marmandais, qu’« on vient chercher ». Il a la lourde tâche de présider celle du bâtiment en Lot-et-Garonne, un secteur qui souffre, et il est aussi conseiller des prud’hommes à Marmande, au sein du collège employeurs. En 2025, il a ajouté une autre corde à son arc en acceptant de présider Initiative Garonne, qui accompagne les porteurs de projets ou repreneurs d’entreprises. Et, comme il aime faire rayonner sa ville autrement qu’économiquement, il préside aussi le comité de jumelage avec la commune espagnole d’Ejea de los Caballeros.