Dix-huit maires du littoral soutiennent les pêcheurs méditerranéens
Maires du littoral en soutien aux pêcheurs méditerranéens

Jeudi 17 septembre, des pêcheurs méditerranéens, de Sète à Nice, ont manifesté leur colère contre le gouvernement et la flambée des prix du carburant. Dans une tribune libre, dix-huit maires de droite du littoral méditerranéen, dont ceux de Nice, Toulon, Cannes et Saint-Raphaël, apportent leur soutien aux professionnels et appellent l'État à ouvrir « un véritable dialogue sur l'avenir de la pêche ».

Un mouvement de colère qui bloque les ports

À Nice, au Grau-du-Roi, à Frontignan, Sète, Fos-sur-Mer ou encore Port-la-Nouvelle, les pêcheurs ont bloqué les ports pour exprimer leur détresse. Leur modèle économique est fragilisé par l'accumulation des contraintes et des normes nationales et européennes, ainsi que par la hausse du prix du gasoil. La tribune, envoyée par le cabinet du maire de Sète, aborde les points de crispation de la profession : contraintes européennes, thon rouge, prix du carburant et préservation de la ressource.

Les maires soulignent que « la Méditerranée n'est pas seulement une mer. Pour nos villes et nos pêcheurs, elle est aussi un territoire de travail dont dépendent directement des ports, des entreprises, des familles et toute une économie ». Ils rappellent que les pêcheurs ont déjà consenti des efforts importants : réduction de la flotte, diminution de l'effort de pêche, fermetures de zones et de périodes, renforcement de la sélectivité des engins, comme l'illustre le plan WestMed.

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Des restrictions qui pèsent sur les revenus

Malgré la réduction de la flotte, de nouvelles restrictions continuent de peser sur les navires en activité : augmentation de la maille, réduction des zones accessibles et limitation des jours de mer. Ces mesures affectent directement les revenus et l'activité des ports. À cela s'ajoutent les tensions autour du thon rouge. Pour 2026, la répartition des 234 tonnes de flexibilité interannuelle a suscité une vive incompréhension : 66 % de cette enveloppe ont été attribués à la façade atlantique, contre 33 % à la Méditerranée. Plusieurs organisations professionnelles ont contesté cette clé de répartition, estimant qu'elle pénalisait les petits métiers méditerranéens.

Le prix du gasoil est décrit comme « la goutte d'essence qui fait déborder le réservoir ». Les aides versées sont jugées insuffisantes, alors que l'énergie constitue une dépense majeure pour un chalutier. Réduire les possibilités de pêche sans permettre aux navires de réduire leur consommation et d'en supporter les coûts revient, selon les maires, à fragiliser davantage leur modèle économique.

Un appel au dialogue et à la simplification

Les maires demandent à l'État d'ouvrir un dialogue avec les professionnels et les élus de Méditerranée sur l'avenir de la pêche. Ils appellent également les institutions européennes à ne plus rester insensibles à la détresse des pêcheurs méditerranéens et à mobiliser pleinement le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l'aquaculture pour moderniser les navires, améliorer leur efficacité énergétique et favoriser la sélectivité des engins.

Ils insistent sur la nécessité de passer d'une logique d'accumulation des contraintes à une logique de simplification et d'équilibre. « Protéger la ressource et préserver la pêche ne sont pas deux objectifs contradictoires. Ils sont les deux conditions d'un même avenir », écrivent-ils. La tribune est signée par Hervé Marquès (DVD), maire de Sète, David Lisnard (LR), maire de Cannes, Jean-Charles Orsucci (Renaissance), maire de Bonifacio, Charly Crespe (DVD), maire du Grau-du-Roi, Éric Ciotti (UDR), maire de Nice, Josée Massi (DVD), maire de Toulon, Jean Leonetti (LR), maire d'Antibes, Gilles Simeoni (Femu a Corsica), maire de Bastia, et neuf autres maires.

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