John Ternus, ingénieur de formation et ancien vice-président de l'ingénierie des produits physiques, a pris mardi la direction générale d'Apple, succédant à Tim Cook après quinze années de mandat. Tim Cook conserve un rôle au sein du groupe en tant que président exécutif, selon les informations rapportées par Reuters.
Le nouveau directeur général hérite d'un contexte complexe, marqué par le retard d'Apple dans le domaine de l'intelligence artificielle, le renouvellement de la gamme de produits et des tensions persistantes sur la chaîne d'approvisionnement.
Un profil matériel pour succéder à Tim Cook
John Ternus, arrivé chez Apple en 2001, a participé au développement de l'iPhone et supervisait déjà les équipes travaillant sur l'iPhone, l'iPad, le Mac, l'Apple Watch et les AirPods. Il a également côtoyé Steve Jobs et travaillé étroitement avec lui. Son profil très orienté vers le matériel contraste avec celui de Tim Cook, reconnu pour sa gestion de la chaîne d'approvisionnement et des relations politiques.
Sous la direction de Tim Cook, Apple a diversifié une partie de sa production hors de Chine, notamment vers l'Inde et le Vietnam, dans un contexte de tensions entre Washington et Pékin. La valorisation boursière d'Apple est passée d'environ 350 milliards à plus de 4.500 milliards de dollars, rappelle Reuters.
Le défi de l'intelligence artificielle
Le principal défi de John Ternus concerne désormais l'intelligence artificielle, domaine dans lequel Apple reste en retrait par rapport à plusieurs concurrents. Le groupe doit présenter dans les prochains jours une nouvelle version de Siri, capable de naviguer entre les applications de l'iPhone et d'exploiter davantage les contenus. Cette évolution est attendue lors de l'événement Apple du 9 septembre, premier grand lancement de produits sous la direction de John Ternus.
« Il appartiendra à Ternus d'écrire le chapitre IA » d'Apple, estime Dan Ives, directeur du cabinet Yorkville Ives & Co. Certains analystes auraient préféré voir Craig Federighi, responsable des logiciels, accéder à la direction du groupe dans cette période dominée par l'IA. Apple continue toutefois de miser sur le poids de ses appareils.
« Les consommateurs achètent d'abord le produit physique et cela va rester ainsi pendant encore longtemps », avance Carolina Milanesi, analyste chez Creative Strategies. « Vous ne découvrirez pas la valeur de l'IA si vous n'êtes pas intéressé par l'appareil. »
Un calendrier produits chargé
Le nouveau directeur général devra rapidement gérer un calendrier produits chargé. Outre les nouvelles générations d'iPhone, d'Apple Watch et d'AirPods, Apple doit sortir un iPhone pliant. Ce modèle pourrait constituer un enjeu important pour les prix de vente et les marges du groupe, alors qu'Apple arrive sur un segment déjà occupé notamment par Samsung. Des lunettes connectées et des AirPods équipés de caméras sont également attendus plus tard.
Tim Cook a mis en avant l'expertise de John Ternus dans son message d'adieu aux salariés lundi. « Peu de gens comprennent ce qu'il faut pour créer des produits qui changent le monde comme John le comprend », a-t-il écrit. Son départ de la direction générale met fin à une période durant laquelle les ventes annuelles d'Apple sont passées de 108 milliards à 416 milliards de dollars, selon Reuters, avec un bénéfice annuel atteignant 112 milliards.
Tim Cook conserve un rôle diplomatique
Tim Cook n'en a pas terminé avec l'entreprise puisqu'il va conserver la gestion d'une partie des dossiers politiques et diplomatiques, notamment les relations avec l'administration Trump et Pékin, afin de laisser davantage de latitude opérationnelle à John Ternus. « C'est très bien vu » de la part du conseil d'administration, juge Carolina Milanesi. Pour l'analyste, cette organisation doit lui donner le temps d'« apprendre une nouvelle danse », celle de la direction d'un groupe mondial dont les enjeux dépassent largement le développement de ses produits.



