Le gouvernement allemand a officiellement désigné la Russie comme responsable de la tentative d'attaque au drone explosif contre l'aéroport de Leipzig/Halle, survenue dans la nuit du 4 au 5 août. En riposte, Berlin a ordonné la fermeture du consulat général russe de Bonn et la résiliation du contrat de la Maison russe des sciences et de la culture à Berlin, a annoncé le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt lors d'une conférence de presse mardi.
Des preuves convergentes selon les renseignements allemands
L'enquête menée par les services de renseignement allemands a établi que des individus impliqués dans l'attaque ont agi pour le compte d'agences gouvernementales russes, a déclaré Alexander Dobrindt devant les journalistes. « Dans leur ensemble, les enquêtes de la police, le schéma des infractions et les conclusions des renseignements établissent la responsabilité de la Russie pour la tentative d'attaque contre l'aéroport de Leipzig », a-t-il affirmé.
Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, présent à ses côtés, a souligné que Berlin ne considérait pas cet incident comme un cas isolé. « Cela s'inscrit dans un schéma plus large d'opérations hybrides de la Russie en Europe », a-t-il déclaré, avant d'annoncer les mesures de rétorsion : fermeture du consulat général de Bonn et résiliation du contrat de la Maison russe des sciences et de la culture à Berlin.
Moscou promet une réponse « en temps voulu »
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a réagi en affirmant que Moscou répondrait « en temps voulu » à cette « mesure anti-Russie », selon des propos relayés par l'agence Interfax. L'ambassade de Russie à Berlin avait auparavant rejeté les accusations, les qualifiant de « provocation fabriquée » et de « nouvelle vague d'hystérie anti-russe en Allemagne ».
L'incident avait été découvert par des employés de l'aéroport de Leipzig dans une zone à accès restreint : un drone chargé de munitions avait été trouvé à côté d'un avion-cargo de la compagnie Antonov Airlines. Des membres du gouvernement allemand avaient alors évoqué des « puissances étrangères ».
L'Europe et l'Otan se mobilisent en soutien
Johann Wadephul a averti que l'Allemagne et l'Europe faisaient face à une « grave menace » représentée par les actions « hybrides » russes. « Ces actions ciblent des infrastructures essentielles, des entreprises de défense et le soutien à l'Ukraine », a-t-il précisé. Berlin va prôner auprès de l'Union européenne l'imposition de sanctions supplémentaires et de nouvelles restrictions de déplacement contre les ressortissants russes, ainsi qu'une pression accrue sur la « flotte fantôme » de Moscou.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé qu'elle discuterait mercredi de l'incident avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, lequel a exprimé la « pleine solidarité » de l'alliance avec l'Allemagne. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE prépareront une réponse commune. Le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski a dit sur X avoir « hâte » de discuter de mesures de rétorsion, ajoutant : « Pleine solidarité avec l'Allemagne ». Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré que la Grande-Bretagne se tenait aux côtés de l'Allemagne et que toute tentative russe pour endiguer le soutien à l'Ukraine était « vouée à l'échec ».
Johann Wadephul a réaffirmé que Berlin continuerait d'apporter à Kyiv « son soutien civil et militaire » et de se montrer solidaire de l'Ukraine dans « sa défense contre la guerre d'agression » menée par la Russie.



