Escroquerie de 120 000 € : une quinquagénaire piégée par un faux conseiller bancaire
Escroquerie de 120 000 € : une quinquagénaire piégée

Une habitante d'Île-de-France a perdu plus de 120 000 euros en août après avoir été victime d'une usurpation d'identité bancaire particulièrement élaborée. Son avocate a déposé plainte le 26 août auprès du procureur de Paris pour escroquerie.

Une quinquagénaire piégée après son licenciement

Chantal (prénom modifié), 59 ans, a reçu une somme de 200 000 euros à la suite d'un licenciement. Elle souhaitait en placer une bonne partie en attendant de trouver un bien immobilier dans lequel investir. Une recherche sur internet va transformer sa vie, comme le rapportent nos confrères du Parisien.

Au printemps dernier, une annonce du "Crédit Foncier Communal d'Alsace et de Lorraine" (CFCAL) attire son attention. Trois jours après avoir rempli un formulaire pour obtenir plus d'informations, elle reçoit un appel de Jonathan B., qui se présente comme un conseiller de la banque. L'homme a tout l'air d'un professionnel : bonne élocution, langage financier, il lui adresse deux propositions détaillées par mail.

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Une mise en scène minutieuse

Chantal vérifie son compte LinkedIn, s'assure que le conseiller existe, et se fait même confirmer l'information par le standard de la CFCAL, qui lui précise que les deux offres présentées font bien partie du catalogue de la banque. Elle accepte finalement de souscrire un "livret vertueux", rémunéré 5,5 % brut pendant les six premiers mois.

Début juillet, le prétendu conseiller lui demande de transférer l'argent qu'elle souhaite placer vers des "comptes de collecte" appartenant à des sociétés censées financer des projets de transition énergétique. Encore une fois, elle vérifie leur existence avant d'effectuer plusieurs virements, pour un montant total de 146 500 euros.

Un deepfake pour brouiller les pistes

Certains virements lui reviennent, mais Jonathan B. la rassure en lui disant que les comptes ont atteint leur plafond, avant de lui transmettre un nouvel IBAN sur lequel renvoyer l'argent. Début août, le service des fraudes de la Caisse d'Épargne contacte Chantal, alerté par ces mouvements suspects. Elle tente alors de joindre son conseiller, sans succès, avant d'appeler directement la CFCAL.

Stupéfaction pour la quinquagénaire, qui apprend alors que l'établissement est victime d'une campagne d'usurpation de son identité particulièrement poussée, puisque les fraudeurs utilisent les identités de véritables conseillers de l'établissement bancaire. Pas encore rassasié du butin déjà acquis, l'escroc tente toutefois de rappeler Chantal pour un dernier coup de bluff : il lui explique être lui-même victime de cette usurpation et lui propose, pour le prouver, un appel visio. À l'écran, le visage du vrai conseiller repéré sur LinkedIn apparaît.

Néanmoins, un décalage entre la voix et le visage ainsi que certaines expressions figées éveillent les soupçons de Chantal, qui comprend alors qu'elle est face à un deepfake. Trop tard, seul son dernier virement a pu être annulé par sa banque, son préjudice dépasse les 120 000 euros. Son avocate a déposé plainte le 26 août auprès du procureur de Paris pour escroquerie.

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