Le gouvernement brésilien a annoncé, mardi 7 janvier, réclamer 80 millions d'euros à la plateforme de messagerie Discord pour « dommage moral collectif ». Cette somme est liée à des fusillades survenues dans des écoles brésiliennes, dont les auteurs auraient été influencés par des groupes haineux présents sur le service.
Une demande fondée sur des fusillades scolaires
Selon les autorités brésiliennes, plusieurs attaques meurtrières perpétrées dans des établissements scolaires ces dernières années ont été planifiées ou inspirées par des contenus violents partagés sur Discord. La plateforme, très prisée des jeunes joueurs, aurait permis à ces groupes de se structurer et de diffuser des idées extrémistes.
Le montant de 80 millions d'euros correspond à une estimation du préjudice moral subi par la société brésilienne dans son ensemble. Les autorités entendent ainsi obtenir réparation pour le traumatisme causé aux familles des victimes et à la communauté éducative.
Une action judiciaire contre une entreprise technologique
Cette demande s'inscrit dans une démarche plus large de régulation des grandes plateformes numériques au Brésil. Le gouvernement a déjà engagé des actions similaires contre d'autres entreprises technologiques, accusées de ne pas suffisamment modérer les contenus haineux.
Discord n'a pas encore réagi officiellement à cette annonce. La société, dont le siège est aux États-Unis, devra répondre de ces accusations devant la justice brésilienne. L'issue de cette affaire pourrait créer un précédent pour d'autres pays confrontés à la propagation de la haine en ligne.
Un précédent pour la responsabilité des plateformes
Les experts juridiques estiment que cette affaire pourrait renforcer la jurisprudence sur la responsabilité des plateformes numériques. Si le Brésil obtient gain de cause, cela pourrait inciter d'autres gouvernements à engager des poursuites similaires.
Les autorités brésiliennes ont précisé que les fonds réclamés seraient destinés à des programmes de prévention de la violence scolaire et de soutien aux victimes. Une décision de justice est attendue dans les prochains mois.



