Guerre commerciale de Trump : l'Occitanie exposée, prévient le ministre
Guerre commerciale de Trump : l'Occitanie exposée

Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, était attendu dans l’Hérault le 17 juillet pour des assises de la politique commerciale. Il répond aux questions sur les menaces de droits de douane de Donald Trump, le Mercosur et le budget choc annoncé par François Bayrou.

Pourquoi des assises à Sète ?

Le ministre explique que ces déplacements en région visent à poursuivre le dialogue initié à Paris depuis le 18 mars sur l’avenir de la politique commerciale française et européenne. L’objectif est de prendre le pouls des filières les plus exposées aux menaces internationales et de les aider à diversifier leurs marchés. Il s’agit de rassembler les entreprises, la Région, la Team France Export, la CCI, Business France, BPI et les conseillers du commerce extérieur.

L’enjeu pour l’Occitanie

L’Occitanie est l’une des rares régions françaises excédentaires commercialement, grâce à l’aéronautique. Cependant, elle est sensible aux turbulences internationales dans des secteurs comme la santé, la biotech, la viticulture, les énergies renouvelables et l’économie bleue. La croissance de ces entreprises dépendra des négociations avec Donald Trump et d’autres zones du monde. Le ministre souligne que la région est particulièrement exposée aux risques internationaux.

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Quels secteurs impactés par les droits de douane de Trump ?

L’Occitanie a une forte exposition au marché américain. Outre l’aéronautique, la viticulture est vulnérable, les vins et spiritueux étant souvent ciblés. Les biotechnologies et la santé, présentes autour de Montpellier, sont également menacées par les menaces de Trump d’imposer des droits de douane de 200 % sur les biomédicaments. Le ministre se rendra chez Médincell pour voir comment ils anticipent la crise commerciale.

Où en sont les négociations avec les États-Unis ?

Les négociations sont cruciales. La Commission européenne négocie à Washington jusqu’au 1er août. La France veut un accord équilibré avec des tarifs réciproques autour de 10 %, exemptant des secteurs stratégiques comme l’aéronautique, les spiritueux et les cosmétiques. Le ministre espère un accord gagnant-gagnant, mais une escalade commerciale serait néfaste pour les deux parties. L’Europe prépare des contre-mesures : un paquet de 72 milliards d’euros de nouvelles mesures sur des produits américains, activable le 1er août en l’absence d’accord.

L’instrument anti-coercition

En cas d’échec, l’Europe pourrait activer son “bazooka commercial” si les États-Unis imposaient brutalement 30 % de droits de douane. Mais l’objectif reste la négociation.

Face aux surcapacités chinoises

Le ministre évoque une nouvelle ère de menaces hétérogènes. L’Europe doit se protéger des surcapacités chinoises et des importations ultra-subventionnées qui concurrencent déloyalement les industries françaises. Cela n’empêche pas de commercer avec Pékin : le sommet UE-Chine doit permettre un commerce équilibré et des investissements croisés.

Mercosur : la France reste ferme

La France a obtenu un sursis sur la ratification de l’accord UE-Mercosur, mais les agriculteurs sont inquiets. Le ministre estime que l’accord ne satisfait pas car il manque de mécanismes de sauvegarde pour l’agriculture. La France pousse pour faire évoluer ces conditions, faute de quoi elle restera opposée au texte.

Budget : la rigueur nécessaire

Interrogé sur le budget choc annoncé par François Bayrou, le ministre insiste sur la gravité du moment. Le seul danger durable est l’incapacité à redresser les comptes publics. Il critique la CGT qui veut un État protecteur sans responsabilité budgétaire. L’heure est au redressement, et tout le monde doit y participer.

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Année blanche et impôts

L’année blanche est un moyen efficace de freiner la dépense publique pour éviter un dérapage du déficit. L’augmentation des impôts n’est pas comparable à celle de François Hollande. Sur la suppression de deux jours fériés, le débat parlementaire peut aménager certaines mesures, mais l’effort de 43,8 milliards d’économies est non négociable. Le nombre d’heures travaillées en France est insuffisant par rapport aux voisins ; il faut travailler davantage pour accélérer la production française.

49.3 ?

François Bayrou pourrait activer le 49.3 si les oppositions ne cherchent pas de compromis. Le dialogue est privilégié d’abord.