Lescure et Villeroy de Galhau rassurent sur l'approvisionnement énergétique et les taux
Gouvernement et Banque de France rassurent sur l'énergie et les taux

Le gouvernement et la Banque de France appellent au calme face aux tensions géopolitiques

Le ministre de l'Économie Roland Lescure et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau ont tenu à rassurer les Français ce mardi, en insistant sur l'absence de risque immédiat pour l'approvisionnement énergétique et en appelant à ne pas anticiper de mouvement précipité sur les taux d'intérêt.

« Ne créons pas un problème qui n'existe pas »

Lors d'un point presse à Bercy précédant une réunion du Haut Conseil pour la stabilité financière, Roland Lescure a reconnu que le conflit au Moyen-Orient « crée évidemment des incertitudes économiques et financières que nous nous devons de suivre de très près ». Cependant, le ministre a catégoriquement exclu tout risque à court terme : « Il n'y a aucun risque d'approvisionnement à court terme en France ni sur le gaz, ni sur l'essence. Donc ne créons pas un problème qui n'existe pas. On n'a aucune raison de se ruer aujourd'hui dans les stations-service. »

Pour suivre la situation en temps réel, le ministre a détaillé la mise en place d'un dispositif spécifique à Bercy, avec une « cellule de crise qui se réunit une fois par jour » sous sa direction. Cette cellule a pour mission de « suivre l'évolution des marchés financiers, des indicateurs économiques et, évidemment, les marchés de l'énergie ».

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Un suivi renforcé sur le terrain et avec les secteurs concernés

Le ministre a également annoncé qu'il échangerait « avec les représentants des services économiques régionaux qui sont sur le terrain et qui ont l'information, évidemment, sur ce qui se passe » au Moyen-Orient. Parallèlement, des rencontres ont été initiées dès lundi « avec les filières industrielles, notamment les secteurs principalement concernés, l'énergie, le transport, la logistique, l'industrie ».

Le ministère de l'Économie et des Finances avait déjà indiqué lundi qu'il comptait rencontrer chaque jour les fédérations d'entreprises concernées « tant que la crise serait à ce pic d'intensité ». Roland Lescure devait ainsi rencontrer mardi après-midi à Bercy les organisations interprofessionnelles (Medef, AFEP, CPME) ainsi que les fédérations sectorielles des secteurs de l'énergie, du transport et de la logistique, des assurances et banques, et de l'industrie.

Pas de décision précipitée sur les taux d'intérêt

Présent aux côtés de Roland Lescure, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a pour sa part indiqué que l'institution suivait avec « une grande attention » les « développements sur l'énergie et sur les marchés financiers ». Mais il a mis en garde contre toute anticipation hâtive : « Ce serait une erreur de prévoir aujourd'hui, dans la précipitation, un mouvement éventuel sur les taux d'intérêt de la Banque centrale européenne. Je rappelle que nous ne déciderons pas seulement au vu des prix instantanés de l'énergie. »

Le gouverneur a souligné que l'économie française abordait « ces tensions avec certains éléments favorables, une inflation basse, une croissance relativement résiliente et un secteur financier solide, avec une exposition limitée sur le Moyen-Orient ». Cependant, il a appelé à la prudence : « Il faut un peu plus de recul, et notre Conseil des gouverneurs de la BCE disposera, lors de sa prochaine réunion dans 15 jours, les 18 et 19 mars, de prévisions économiques actualisées. »

Les marchés financiers sous pression

Les déclarations des autorités interviennent alors que les marchés financiers mondiaux subissent de fortes pressions. Les Bourses européennes creusaient leurs pertes mardi matin, affectées par la flambée des prix du pétrole au quatrième jour du conflit, qui ravive les craintes d'une inflation généralisée. Vers 10 heures, la Bourse de Paris affichait une baisse de 2,12 %, Francfort de 2,81 %, Londres de 2,05 % et Milan de 3,30 %. La veille, les principales places européennes avaient déjà cédé environ 2 %.

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Tous les regards restent tournés vers le stratégique détroit d'Ormuz, qui sépare l'Iran de la Péninsule arabique et donne accès au Golfe, et par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL). Le prix du gaz flambait encore mardi, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, bondissant de 24,47 % à 55,39 euros vers 10 heures. Après s'être appréciés de plus de 6 % lundi, les cours du pétrole continuaient eux aussi de grimper mardi, le baril de Brent de la mer du Nord frisant à nouveau les 80 dollars.

Les avertissements de la BCE

Dans une interview au Financial Times publiée mardi, Philip Lane, chef économiste de la Banque centrale européenne, a prévenu qu'une guerre prolongée au Moyen-Orient pourrait entraîner une forte poussée de l'inflation dans la zone euro, tout en pesant sur la croissance économique. Ces déclarations soulignent l'importance du suivi attentif que les autorités françaises et européennes entendent maintenir face à cette crise géopolitique aux répercussions économiques potentielles.