Le général Stéphane Virem, commandant des forces aériennes stratégiques (FAS), a accordé un entretien à Libération dans lequel il détaille la mission de dissuasion nucléaire française. Selon lui, l'objectif principal est de ne jamais avoir à décoller pour délivrer le feu nucléaire. « Notre travail, c’est de ne pas avoir à décoller pour délivrer le feu nucléaire », a-t-il déclaré.
Une dissuasion crédible et permanente
Les FAS sont l'une des deux composantes de la dissuasion nucléaire française, avec la composante océanique (sous-marins). Elles comprennent des avions Rafale et des ravitailleurs A330 MRTT. Le général Virem insiste sur la nécessité d'une crédibilité constante : « La dissuasion repose sur la capacité à frapper à tout moment. Nous devons être prêts 24 heures sur 24, 365 jours par an. »
Il précise que les forces aériennes stratégiques effectuent des missions d'alerte permanente, avec des avions armés de missiles air-sol moyenne portée améliorés (ASMP-A). « Nous avons des avions en alerte sur la base, prêts à décoller en quelques minutes », ajoute-t-il.
Un rôle dans la stratégie de défense nationale
Le général Virem souligne que la dissuasion nucléaire française est indépendante et non intégrée à l'OTAN. « La France a sa propre doctrine de dissuasion. Nous ne dépendons de personne pour notre défense ultime », affirme-t-il. Il rappelle que le président de la République est le seul décideur de l'emploi de l'arme nucléaire.
Les FAS participent également à des exercices de simulation, comme l'exercice « Poker » qui teste la chaîne de commandement. « Nous nous entraînons régulièrement pour garantir notre réactivité et notre crédibilité », explique le général.
Les défis technologiques et humains
Le général Virem évoque les défis liés au maintien en condition opérationnelle des équipements et à la formation des équipages. « Nos pilotes et techniciens sont des professionnels d'exception. Ils suivent des formations continues pour maîtriser les systèmes les plus sophistiqués », dit-il.
Il mentionne également l'importance de la modernisation, avec l'arrivée prochaine du missile ASMP-A rénové (ASMPA-R) et du futur missile air-sol nucléaire (ASN4G). « Nous devons anticiper les menaces futures et adapter nos moyens en conséquence », conclut-il.



