Les États-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre des cibles militaires dans le sud de l'Iran dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 juillet 2026. Le président américain Donald Trump a également annoncé l'entrée en vigueur d'un blocus américain du détroit d'Ormuz, avec un péage de 20% sur la valeur des cargaisons transitant par cette voie maritime stratégique.
Troisième nuit de bombardements américains
Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé sur X le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom). Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, selon l'agence de presse iranienne Irna. Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont revendiqué une opération à Bahreïn, notamment contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair. Les Émirats arabes unis ont rapporté des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers dans le détroit d'Ormuz, tuant un membre d'équipage indien.
Trump annonce un blocus et un péage à Ormuz
Malgré ces échanges, Donald Trump a estimé devant la presse à la Maison Blanche qu'un accord avec l'Iran était encore "possible". Il avait annoncé sur Truth Social que les États-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli à compter du mardi 14 juillet. Avec ce blocus, le président américain a dit vouloir percevoir "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons" transitant par la voie maritime en échange de la protection du détroit d'Ormuz, une mesure contraire au droit international.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a rétorqué sur X : "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours". Il a ironisé sur la proposition de Trump, ajoutant : "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables."
Le prix du pétrole s'envole
Les cours du pétrole ont grimpé lundi, le baril de Brent de la mer du Nord s'envolant de plus de 9%. Mardi vers 5 heures (heure française), il gagnait encore 1,32% à 84,40 dollars (74 euros). Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.
Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé". La semaine dernière, le président américain a envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.
L'Iran dénonce une crise du cessez-le-feu
Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise". "Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Téhéran. D'après des médias d'État iraniens, les bombardements américains des derniers jours ont touché de vastes zones de l'ouest et du sud, notamment l'île de Qeshm et Bandar Abbas, ainsi que la province du Khouzistan. Au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.



