Facturation électronique : les experts-comptables prêts à accompagner les dirigeants
Facturation électronique : les experts-comptables prêts à accompagner

Nicolas Férand, président du Conseil régional de l'Ordre des experts-comptables Provence-Alpes-Côte d'Azur, détaille les implications de la facturation électronique pour les entreprises. Selon lui, cette réforme constitue un véritable bouleversement, notamment pour les petites structures qui devront s'adapter à un nouveau mode de fonctionnement.

Une première phase encourageante

Interrogé sur l'intégration de la facture électronique dans les entreprises, Nicolas Férand se montre optimiste pour la première phase, qui concerne les petites entreprises. « Dans cette première phase, pour les petites entreprises, je pense que ça va plutôt bien se passer », affirme-t-il. Cependant, il prévient que l'obligation d'émettre les factures à partir du 1er septembre 2027 marquera un tournant majeur. « À partir du 1er septembre 2027, par contre, il y aura l'obligation d'émettre aussi les factures. Et là c'est vraiment un grand chambardement », souligne-t-il.

Les changements concrets pour les entreprises

La facturation électronique modifie profondément le processus de facturation traditionnel. Jusqu'à présent, les entreprises émettaient une facture, l'envoyaient par courriel, attendaient le règlement et vérifiaient son encaissement. Désormais, il faudra également indiquer sur la plateforme si la facture a été réglée ou non, afin que l'administration fiscale soit informée en temps réel. « Derrière la facturation électronique, c'est aussi une réforme pour sécuriser les bases de TVA », explique Nicolas Férand.

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Des conseils pour les dirigeants

Le président du conseil régional exhorte les dirigeants à s'y intéresser sans attendre. « De se pencher dessus tout de suite. De réfléchir au 'process' interne de facturation et au 'process' de gestion du cycle client. Et de voir s'il est compatible avec cette réforme de la facture électronique », recommande-t-il. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont particulièrement concernées, car beaucoup utilisent encore des logiciels anciens, certes fiables, mais qui pourraient ne pas être compatibles avec la nouvelle obligation.

Le coût des plateformes

Nicolas Férand précise que des plateformes gratuites existent pour les micro-entreprises avec de faibles volumes (5 à 6 factures par mois). Pour les plateformes payantes, le coût est d'environ 30 centimes par facture. Chaque cabinet d'expertise-comptable travaillera avec une quinzaine de plateformes en moyenne. « On va proposer aux clients qui le souhaitent de nous signer des mandats pour adhérer à la solution de l'Ordre jefacture.com ou aux autres plateformes agréées », indique-t-il.

Un changement culturel pour les petites entreprises

La facturation électronique représente une révolution pour les petites entreprises, dont certaines utilisent encore des factures papier. « Il va falloir, pour certaines, adopter l'ordinateur, le logiciel de facturation et la facture électronique en même temps. C'est presque un changement culturel », observe Nicolas Férand.

Une relation client transformée

Cette réforme implique une surcharge de travail pédagogique pour les experts-comptables. « C'est une surcharge de travail pédagogique. C'est normal. C'est aussi notre devoir de conseil », explique-t-il. À moyen et long terme, l'objectif est de fluidifier les échanges et de se recentrer sur le conseil en gestion plutôt que sur les tâches administratives. « Avec l'espoir derrière d'avoir quelque chose de plus fluide, de déranger moins nos clients pour des factures qui manquent et de plutôt leur parler de la gestion de leur entreprise. D'être plus focus sur la prévention et sur la comptabilité a priori et non plus a posteriori », conclut Nicolas Férand.

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