Ce jeudi 7 août, les nouveaux droits de douane américains sont entrés en vigueur, marquant le premier pas du nouvel ordre commercial mondial voulu par le président Donald Trump. Ces surtaxes, allant de 15 % à 41 %, visent l'Union européenne, le Japon, la Corée du Sud, la Suisse et d'autres partenaires commerciaux, dans le but de rééquilibrer les échanges selon le locataire de la Maison Blanche.
Des surtaxes historiques
Les nouvelles taxes remplacent celle de 10 % appliquée depuis avril sur quasiment tous les produits entrant aux États-Unis. Le taux effectif moyen, déjà à 18,4 % (le plus élevé depuis 1933), devrait grimper à près de 20 %, selon les analystes de Pantheon Macroeconomics. Donald Trump a célébré cette mesure sur Truth Social : "Il est minuit !!! Des milliards de dollars de droits de douane affluent maintenant vers les États-Unis d'Amérique."
Exceptions et ciblages politiques
Le Mexique bénéficie d'une prolongation de 90 jours de ses conditions douanières actuelles (25 % hors accord de libre-échange). La trêve avec la Chine se poursuit : les droits de douane supplémentaires américains sont fixés temporairement à 30 %, tandis que les taxes chinoises sur les importations américaines restent à 10 %. En revanche, le Canada subit une hausse à 35 % depuis le 1er août, bien que le Premier ministre Mark Carney relativise en soulignant que plus de 85 % des exportations ne sont pas concernées.
Le Brésil est frappé d'une surtaxe de 50 %, en représailles aux poursuites visant l'ex-président Jair Bolsonaro. L'Inde doit composer avec 25 % de droits de douane, qui passeront à 50 % dans trois semaines sur certains produits, en raison du manque d'ouverture de son économie et de ses achats de pétrole russe.
Conséquences économiques redoutées
Les économistes s'inquiètent d'une inflation accrue, déjà à 2,6 % en juin, et d'un ralentissement de la croissance, qui ne devrait pas dépasser 1 % en rythme annualisé au second semestre. Malgré les recettes générées, l'impact des droits de douane pourrait peser lourdement sur l'économie américaine. Le Brésil a déposé une plainte devant l'OMC et cherche à diversifier ses débouchés. Seuls sept accords ont été signés à ce jour, souvent des pré-accords accompagnés de promesses d'investissements.
De nouvelles annonces sont attendues, notamment une taxe de 100 % sur les produits pharmaceutiques et les semi-conducteurs importés. Le monde entier observe avec attention l'évolution de cette politique commerciale agressive.



