FFF: Philippe Diallo s'interroge sur le projet à 10 milliards de dollars de la Fifa
Diallo interloqué par le projet Fifa à 10 milliards

Le président de la Fédération française de football (FFF), Philippe Diallo, a vivement réagi mercredi 29 juillet 2026 au projet de la Fédération internationale de football association (Fifa) de privatiser une partie de ses activités commerciales. Interrogé sur France Inter, il a qualifié l'initiative de « très importante » mais a déploré le manque de transparence et de consultation préalable. « Nous avons découvert à travers un communiqué de presse un projet très important sur lequel nous n'avons aucun détail. Et qui soulève beaucoup d'interrogations sans que les membres que nous sommes, fédérations, n'aient pu être associés et ne disposent d'aucun élément particulier pour se prononcer sur des sujets qui sont, évidemment, fondamentaux pour l'avenir du football », a-t-il déclaré.

Un projet de 10 milliards de dollars aux contours flous

La Fifa a annoncé mardi 28 juillet son intention de créer une société dédiée, la Fifa Forward Enterprise (FFE), chargée de gérer ses activités commerciales et l'organisation de ses tournois. L'objectif affiché est d'attirer des investisseurs privés, avec une promesse de manne de 10 milliards de dollars pour financer le développement du football mondial. Selon le communiqué de la Fifa, l'instance « garderait le contrôle exclusif de la FFE à travers une représentation majoritaire au conseil d'administration » et conserverait « l'autorité exclusive » sur la gouvernance du football, les compétitions, le calendrier et les décisions réglementaires. Cependant, ces garanties n'ont pas suffi à rassurer les fédérations nationales et les confédérations.

L'UEFA en première ligne contre le projet

L'Union des associations européennes de football (UEFA) a réagi dès avant l'officialisation du projet, estimant qu'il franchissait « une ligne que les institutions gouvernant le football ne devraient jamais franchir ». Dans ce contexte, Philippe Diallo a annoncé qu'il aurait dès mercredi des échanges avec les principales fédérations européennes et le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, pour réfléchir à la manière d'« appréhender » ce projet. Le dirigeant français a également indiqué avoir fait part au président de la Fifa, Gianni Infantino, « de la nécessité d'une relation plus exigeante en termes de processus de décision, en termes d'orientation sur le football ». Il a ajouté : « Parce que nous découvrons malheureusement parfois un certain nombre de décisions sans y avoir été associés et sans avoir pu véritablement donner notre avis sur ces orientations. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des critiques sur la gouvernance de la Fifa

Sans se joindre aux virulentes critiques formulées ces derniers jours à l'encontre de Gianni Infantino – notamment au sujet de la levée de la suspension de l'Américain Folarin Balogun après une intervention du président Donald Trump – Diallo a plaidé pour une transparence accrue et une plus grande implication des grandes nations footballistiques. Il a notamment évoqué son opposition aux pauses fraîcheurs introduites lors de la Coupe du monde 2026, déclarant : « Je ne suis pas fan des pauses fraîcheurs parce que ça change la nature du jeu. » Il a insisté sur la nécessité de « revenir sur certaines décisions » et de mettre en place « des processus de décision un peu plus transparents dans lesquels des nations comme la France, qui est une des grandes nations de football, soient plus impliquées ».

Un appel à un débat approfondi

Alors que le monde du football est secoué par ce projet de privatisation, Philippe Diallo a appelé à un débat approfondi avant toute décision. La promesse de 10 milliards de dollars pourrait financer le développement du football amateur et des infrastructures, mais le manque de concertation suscite des inquiétudes majeures. Les prochaines semaines s'annoncent cruciales pour l'avenir de la gouvernance du football mondial, entre les partisans d'une ouverture aux investisseurs privés et les défenseurs d'un modèle associatif traditionnel.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale