Le Japon, pays des records, enregistre une nouvelle donne inquiétante : sa population est tombée sous la barre des 120 millions d'habitants pour la première fois en quarante-deux ans. Selon des données gouvernementales publiées mercredi, le nombre de ressortissants japonais vivant dans l'archipel (sans inclure les résidents étrangers) s'élevait à 119 736 483 personnes au 1er janvier 2026, soit une baisse de 0,76 % par rapport à l'année précédente. Cette tendance s'inscrit dans un recul démographique observé depuis dix-sept années consécutives, après un pic atteint en 2009. Le pays du soleil levant possède la deuxième population la plus âgée au monde avec un âge médian de 49,9 ans, derrière Monaco, selon la Banque mondiale.
Hausse des résidents étrangers
En parallèle, la population de résidents étrangers vivant au Japon a atteint son plus haut niveau depuis le début des relevés en 2013, selon le ministère des Affaires intérieures. En incluant ces résidents, la population totale présente sur le sol japonais représente 123,76 millions d'habitants. Cette hausse contraste avec le déclin de la population nippone, mais ne compense pas la chute de la natalité. Le taux de fécondité est tombé à un niveau record de 1,14 enfant par femme en 2025, selon des données officielles publiées début juin, soulignant la crise démographique qui ronge la quatrième économie mondiale.
Un taux de natalité historiquement bas
Le nombre de nouveau-nés au Japon a chuté à 671 236 en 2025, soit près de 15 000 enfants de moins que l'année précédente et le chiffre le plus bas depuis le début des relevés en 1899. Ces données se limitent aux enfants japonais nés sur le territoire national. Outre une population en déclin et vieillissante, le Japon affiche l'un des taux de natalité les plus faibles au monde, ce qui entraîne une série de problèmes structurels : pénuries de main-d'œuvre, explosion des dépenses de Sécurité sociale et diminution du nombre d'actifs contribuant à l'impôt. Le vieillissement accéléré pèse sur les systèmes de retraite et de santé, tandis que les secteurs clés comme l'agriculture, la construction et les services peinent à recruter.
Réponses gouvernementales limitées
Face à cette contraction démographique, la Première ministre conservatrice Sanae Takaichi prône des mesures plus strictes à l'encontre de l'afflux d'étrangers, bien que l'immigration soit souvent évoquée comme une solution. Les dirigeants nippons ont tenté, au niveau national ou local, d'encourager les mariages et la natalité avec un succès limité. Parmi les initiatives figurent l'augmentation des allocations liées à l'éducation des enfants, la subvention des congés parentaux et le lancement d'applications de rencontres. Ainsi, des données officielles rendues publiques ce mois-ci ont indiqué que 265 couples se sont mariés après s'être rencontrés sur une application de rencontres basée sur l'IA lancée en 2024 par le gouvernement de Tokyo. Malgré ces efforts, la tendance au déclin démographique semble difficile à inverser à court terme.



