Plus de 80 buralistes gardois se sont réunis ce jeudi à la manade Hasta Luego à Nîmes pour leur assemblée générale annuelle. Organisée par la Fédération des Buralistes du Gard, cette rencontre a permis de dresser le bilan de l'année écoulée, d'échanger sur l'évolution de la profession et d'alerter sur les difficultés rencontrées, notamment face au marché parallèle du tabac.
Un métier en pleine mutation
Ghislaine Mazoyer, présidente de la fédération, a ouvert les débats en rappelant l'importance de ce rendez-vous : "Ce rendez-vous est pour nous tous un moment important. Il nous permet de faire le point sur l'année écoulée, d'échanger sur la réalité de la profession mais aussi de préparer ensemble l'avenir." Elle a souligné que "le buraliste d'hier n'est plus le buraliste d'aujourd'hui". Les établissements diversifient leurs activités – relais colis, services de proximité, paiement de factures, offres alimentaires – pour maintenir leur équilibre économique.
Le trafic de tabac au cœur des préoccupations
Le principal sujet d'inquiétude reste le marché parallèle du tabac. Frontière espagnole, achats transfrontaliers, revente illégale et multiplication des "commerces frauduleux" : les buralistes dénoncent une concurrence déloyale. Ghislaine Mazoyer a alerté : "Les chiffres continuent de baisser et il devient impossible de compenser ces pertes." Elle appelle à "des règles équitables, des contrôles cohérents et des fermetures définitives de ces commerces hors la loi."
Matthieu, représentant des fournisseurs, a ajouté que les hausses successives du prix du tabac déplacent les achats vers les circuits illégaux : "Les ventes ne disparaissent pas, elles se téléportent vers d'autres réseaux." Selon lui, certains paquets vendus illégalement peuvent être écoulés entre 5 et 8 euros, contre plus de 11 euros dans le réseau officiel.
Des saisies en hausse
Yves Luc, directeur régional des Douanes et droits indirects, a présenté les chiffres de la lutte contre la fraude : en 2025, 547 tonnes de tabac illicite ont été saisies en France, dont 37 tonnes dans l'interrégion. À l'échelle de la direction régionale de Montpellier (couvrant notamment le Gard), 10 tonnes ont été interceptées. Il a également rappelé que 62 fermetures administratives de commerces impliqués dans le trafic de tabac ont été prononcées en 2025, et déjà 26 depuis le début de l'année 2026.
Une note d'espoir
Malgré ces difficultés, les représentants de la profession ont voulu retenir une note d'espoir. Formations, accompagnement des adhérents, développement de nouveaux services ou encore découverte des outils d'intelligence artificielle : plusieurs initiatives ont été mises en avant. Le département compte aujourd'hui 276 buralistes, dont 240 adhèrent à la fédération. Ghislaine Mazoyer a conclu : "Être buraliste aujourd'hui demande du courage et de la patience. Mais nous continuerons à défendre notre rôle économique et social au cœur des territoires."



