Une réponse cinglante du patron du luxe
Bernard Arnault, PDG de LVMH et première fortune mondiale, a vivement réagi ce lundi 27 juillet 2026 à l'enquête du journal Le Monde intitulée « L'empire Bernard Arnault ». Dans un communiqué transmis à l'AFP, le milliardaire qualifie le travail des journalistes de « partial et orienté » et dénonce une « tentative de déstabilisation » à quelques semaines de la publication des résultats semestriels du groupe.
Les accusations du Monde
L'enquête, publiée le week-end dernier, pointait plusieurs pratiques controversées au sein du géant du luxe : optimisation fiscale via des montages complexes au Luxembourg et en Suisse, conditions de travail précaires dans certains ateliers de maroquinerie en France, et un recours massif aux intérimaires. Selon les journalistes, LVMH aurait économisé près de 2,3 milliards d'euros d'impôts entre 2020 et 2025 grâce à ces dispositifs, tout en versant des dividendes records à ses actionnaires.
La défense d'Arnault
Dans sa réaction, Bernard Arnault conteste point par point : « Notre groupe respecte scrupuleusement les lois de chaque pays où nous opérons. L'optimisation fiscale est légale et même encouragée par les États pour attirer les entreprises. Quant aux conditions de travail, nos ateliers sont parmi les mieux-disants en France, avec des salaires moyens supérieurs de 30 % à ceux du secteur. » Il ajoute que LVMH a embauché 14 000 personnes en CDI en 2025 et investi 1,5 milliard d'euros dans la formation professionnelle.
Un contexte politique tendu
Cette polémique intervient alors que le gouvernement prépare une nouvelle loi sur la justice fiscale, visant à encaisser 5 milliards d'euros supplémentaires des grandes entreprises. Des sources proches du ministère de l'Économie indiquent que Bercy suit de près l'affaire, sans pour autant commenter publiquement. L'opposition de gauche a saisi l'occasion pour réclamer une commission d'enquête parlementaire sur les pratiques de LVMH.
L'avis des experts
Selon Pascal Saint-Amans, ancien directeur du Centre de politique et d'administration fiscales de l'OCDE, interrogé par nos confrères de France Info, « Les montages utilisés par LVMH ne sont pas illégaux, mais ils posent la question de l'éthique fiscale à l'heure où les inégalités explosent. » La réaction d'Arnault montre une certaine nervosité : le groupe doit présenter son bilan semestriel le 12 août, et les analystes anticipent un ralentissement des ventes de luxe aux États-Unis.
Chiffres clés de LVMH
- Capitalisation boursière : 420 milliards d'euros (au 26 juillet 2026)
- Chiffre d'affaires 2025 : 91,2 milliards d'euros
- Résultat net 2025 : 16,7 milliards d'euros
- Nombre d'employés dans le monde : 210 000
- Dividende par action versé en 2026 : 14,50 euros
La suite du feuilleton
Le Monde annonce ce matin qu'il maintient ses informations et se dit prêt à fournir des preuves supplémentaires. De son côté, Bernard Arnault menace de poursuites judiciaires pour diffamation. « Nous ne laisserons pas salir la réputation d'un groupe qui fait la fierté de la France et emploie des centaines de milliers de personnes », conclut-il dans son communiqué. L'affaire promet de rebondir dans les prochains jours, alors que le débat sur la fiscalité des multinationales s'invite dans la campagne pour les élections législatives anticipées de septembre.



