Les aides publiques aux entreprises en France représentent entre 82 et 187 milliards d'euros par an, selon une étude de France Stratégie publiée ce mercredi. Ce montant, qui varie selon la définition retenue, est largement sous-estimé dans le débat public, estiment les auteurs.
Des chiffres qui varient selon les périmètres
L'étude distingue trois périmètres. Le premier, le plus restrictif, inclut les subventions directes, les allègements de charges et les crédits d'impôt, pour un total de 82 milliards d'euros en 2023. Le second ajoute les dépenses fiscales (comme le taux réduit de TVA) et les aides des collectivités locales, portant le montant à 137 milliards. Le troisième, le plus large, intègre également les prêts garantis par l'État et les exonérations de cotisations sociales, atteignant 187 milliards d'euros.
Un débat public biaisé
Selon France Stratégie, ces aides sont souvent présentées comme des « niches fiscales » ou des « dépenses sociales », ce qui masque leur ampleur réelle. « Le débat public sur les aides aux entreprises est biaisé par une sous-estimation chronique de leur volume », explique l'économiste Antoine Bozio, co-auteur de l'étude. Il ajoute : « On parle souvent de 50 milliards, mais la réalité est bien plus élevée. »
Des aides peu évaluées
L'étude pointe également le manque d'évaluation de l'efficacité de ces aides. Seules 10 % d'entre elles font l'objet d'une éciation régulière, selon les auteurs. « La plupart des dispositifs sont reconduits sans que l'on sache s'ils créent vraiment des emplois ou stimulent l'investissement », déplore Antoine Bozio.
Des inégalités entre secteurs
Les aides sont très concentrées : 70 % des montants bénéficient à 10 % des entreprises, principalement dans l'industrie et les services. Les très petites entreprises (TPE) reçoivent en moyenne 1 500 euros par an, contre 150 000 euros pour les grandes entreprises. « Il y a un effet de taille évident », note l'étude.
Des recommandations pour plus de transparence
France Stratégie recommande de créer un « budget des aides aux entreprises » unique, regroupant toutes les aides, et de soumettre chaque dispositif à une évaluation obligatoire tous les cinq ans. « Il faut sortir de la logique des niches et des dispositifs empilés », conclut Antoine Bozio.



