Les 100 plus grandes entreprises d'Europe reversent 70% de leurs bénéfices aux actionnaires
70% des bénéfices des grandes entreprises européennes aux actionnaires

Les 100 plus grandes entreprises européennes ont versé en moyenne 70% de leurs bénéfices à leurs actionnaires en 2025, selon une étude du cabinet EY publiée ce lundi. Ce taux de distribution record, en hausse de 5 points par rapport à 2024, intervient dans un contexte de profits élevés et de pression des investisseurs.

Un niveau record de redistribution

L'étude révèle que ces entreprises ont distribué 280 milliards d'euros sous forme de dividendes et de rachats d'actions, contre 260 milliards l'année précédente. Les secteurs les plus généreux sont l'énergie, la finance et la technologie. TotalEnergies, LVMH et SAP figurent parmi les plus gros distributeurs.

Critiques sur la priorité donnée aux actionnaires

Cette tendance est critiquée par des ONG et des syndicats, qui estiment que les entreprises devraient investir davantage dans la transition écologique, l'innovation et les salaires. « C'est un choix politique de privilégier les actionnaires plutôt que l'avenir de l'entreprise et de la société », dénonce une porte-parole d'Oxfam.

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En France, les entreprises du CAC 40 ont reversé en moyenne 65% de leurs bénéfices, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne européenne. Des voix s'élèvent pour demander une taxation accrue des dividendes ou un encadrement des rachats d'actions.

Des bénéfices en hausse

Les bénéfices cumulés des 100 plus grandes entreprises européennes ont atteint 400 milliards d'euros en 2025, en hausse de 8% sur un an. Cette progression est portée par la reprise économique et la hausse des prix de l'énergie. Cependant, les investissements dans la recherche et développement n'ont augmenté que de 3%, tandis que les salaires réels ont stagné.

L'étude souligne également que les entreprises qui distribuent le plus à leurs actionnaires sont souvent celles qui investissent le moins dans la décarbonation. Seules 30% d'entre elles ont des objectifs climatiques alignés avec l'Accord de Paris.

Des appels à la régulation

Plusieurs associations et partis politiques réclament une régulation pour limiter la part des bénéfices reversée aux actionnaires. En France, une proposition de loi visant à plafonner les dividendes à 50% des bénéfices a été déposée à l'Assemblée nationale. « Il est temps de mettre un terme à cette logique de court terme qui nuit à l'économie réelle », a déclaré un député écologiste.

De son côté, le Medef défend la liberté des entreprises et estime que la distribution de dividendes est nécessaire pour attirer les investisseurs. « Sans actionnaires, pas de capital pour financer la croissance », argue une porte-parole.

L'étude d'EY sera au cœur des débats lors du prochain sommet européen sur la compétitivité, prévu en septembre à Bruxelles.

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