Russie : la cote de Poutine au plus bas depuis le début de la guerre
Russie : cote de Poutine au plus bas depuis 2022

D'après une enquête récente de l'institut Levada, seuls 52 % des Russes estiment que le pays va dans la bonne direction, soit le plus faible niveau d'adhésion depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022. Ce chiffre, publié en juillet, témoigne d'un essoufflement du soutien à Vladimir Poutine, alors que le conflit s'enlise depuis plus de quatre ans.

Des Russes esseulés par la guerre

Nos confrères de Paris Match ont recueilli les témoignages de citoyens russes que leur dirigeant et la guerre ont isolés. Une femme de plus de 80 ans s'informe sur Dojd, une chaîne d'opposition qui émet sur Internet depuis la Lettonie, car la télévision d'État lui rappelle trop l'époque communiste et la propagation de la "vérité officielle".

Un autre témoin raconte que lorsque sa mère l'appelle pour lui rapporter que des drones ukrainiens tombent sur Moscou, il ne dit rien "contre les Ukrainiens. Il est Russe mais les soutient, et il n'est pas le seul." Ce sentiment contraste avec le discours officiel et illustre une fracture grandissante au sein de la société russe.

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L'Europe s'éloigne, la surveillance se renforce

Les difficultés de voyage pour les Russes se multiplient. "Lorsqu'on arrive à l'aéroport, on ne sait pas si l'avion va décoller dans deux heures ou dans deux jours", explique un autre témoin. Contrairement aux premières années du conflit, les Ukrainiens parviennent désormais à frapper la Russie avec efficacité et régularité. Les raffineries sont régulièrement atteintes, contraignant parfois les habitants à se lever au milieu de la nuit ou à attendre des heures pour se ravitailler en essence.

Cette situation exacerbe le mécontentement et renforce la surveillance étatique, alors que l'Europe semble de plus en plus lointaine pour les citoyens russes ordinaires.

Un taux d'approbation en baisse et des critiques croissantes

Deux tiers de la population seraient favorables à des pourparlers de paix, selon la même enquête Levada. Sergueï, un Russe interrogé, estime : "Tout a basculé lorsque Vladimir Poutine a refusé la main tendue par Donald Trump l'été dernier en Alaska. Plutôt que de stopper la guerre quand il le pouvait, il l'a ramenée à la maison. Une erreur. En politique, comme au jeu, il faut savoir retirer sa mise au bon moment."

Pour d'autres, le maître du Kremlin ne se donnerait pas les moyens de gagner la guerre. Ce discours critique est entendu par le pouvoir, qui répond par une escalade de la violence. La Russie frappe plus fort, l'Ukraine s'arme toujours plus, et entre les deux, les civils voient s'échapper les perspectives d'une paix et d'un avenir plus confortable.

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