La scène politique italienne est secouée par l'irruption de l'ex-général Roberto Vannacci, dont la radicalité sur l'immigration et les valeurs conservatrices pousse les partis d'extrême droite à une surenchère, selon une analyse du Monde publiée le 14 août 2026. Ce phénomène, qui s'inscrit dans la campagne pour les élections régionales de Lombardie et de Vénétie, risque d'exacerber les tensions internes au sein de la coalition de droite menée par Giorgia Meloni.
Un général provocateur devenu figure politique
Roberto Vannacci, ancien général de l'armée italienne, s'est fait connaître par son livre « Le monde à l'envers », dans lequel il défend des positions ouvertement homophobes, sexistes et xénophobes. Fort de ce succès de librairie, il a annoncé sa candidature aux élections européennes de juin 2024, puis s'est présenté comme tête de liste de la Ligue de Matteo Salvini dans la circonscription du Centre. Son arrivée sur la scène politique a été perçue comme une provocation par ses adversaires, mais aussi comme une opportunité pour la Ligue de capter un électorat plus radical.
La surenchère verbale et ses conséquences
Selon l'article, la présence de Vannacci a contraint les autres formations d'extrême droite, notamment Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni et Forza Italia, à durcir leur langage sur l'immigration et l'identité nationale. Par exemple, lors d'un meeting à Milan, Vannacci a déclaré : « Nous devons défendre notre civilisation contre l'invasion migratoire », des propos qui ont été repris par d'autres responsables politiques. Cette radicalisation pourrait toutefois aliéner une partie de l'électorat modéré, comme le souligne un sondage récent cité par le journal : 42 % des Italiens estiment que l'extrême droite va trop loin dans ses propositions.
Des fractures au sein de la coalition
La stratégie de Salvini, qui mise sur Vannacci pour renforcer sa base, crée des tensions avec Meloni, soucieuse de présenter une image plus modérée pour rassurer les partenaires européens. Des sources internes à la coalition rapportent des désaccords sur la ligne à tenir, certains dirigeants craignant que cette surenchère ne profite à l'abstention ou aux partis centristes. En Vénétie, le gouverneur sortant Luca Zaia, membre de la Ligue, a pris ses distances avec les propos de Vannacci, illustrant les divisions.
Un impact électoral incertain
À l'approche des élections régionales, l'effet de cette radicalisation sur les résultats reste incertain. Les analystes notent que si Vannacci mobilise un électorat fidèle, il pourrait également galvaniser l'opposition de gauche. Selon les dernières enquêtes, la coalition de droite conserve une avance, mais l'écart se réduit dans certaines régions. La suite de la campagne dira si cette surenchère verbale se traduira dans les urnes ou si elle provoquera un rejet.



