La Cour pénale internationale (CPI) reste, malgré ses imperfections, un instrument indispensable pour lutter contre l'impunité des crimes les plus graves, affirme une tribune publiée dans Le Monde. Alors que l'institution fête ses 24 ans, son bilan est contrasté mais son rôle demeure crucial dans un contexte de multiplication des conflits.
Un bilan contrasté mais des avancées notables
Depuis sa création en 2002, la CPI a ouvert 31 enquêtes et émis 40 mandats d'arrêt. Parmi ses succès, la condamnation de Thomas Lubanga en 2012 pour recrutement d'enfants soldats, ou celle d'Ahmad al-Faqi al-Mahdi pour destruction de sites culturels à Tombouctou. Cependant, l'institution a aussi connu des échecs, comme l'acquittement de Jean-Pierre Bemba en 2018 ou le retrait de plusieurs pays africains, dont le Burundi et les Philippines.
Des critiques légitimes mais un rôle irremplaçable
Les critiques portent sur la lenteur des procédures, le coût élevé (près de 180 millions d'euros par an) et une focalisation perçue sur l'Afrique. Pourtant, selon l'ancien juge à la CPI, Bruno Cotte, cité dans l'article, « la Cour est le seul recours pour les victimes lorsque les juridictions nationales sont défaillantes ». Il ajoute que « sans elle, des crimes resteraient impunis ».
Un contexte géopolitique tendu
La CPI fait face à des défis majeurs, notamment le refus des États-Unis, de la Russie et de la Chine de reconnaître sa compétence. En 2020, Washington a imposé des sanctions à son procureur, Fatou Bensouda, pour ses enquêtes sur les crimes de guerre américains en Afghanistan. Malgré ces obstacles, la Cour a ouvert une enquête sur la situation en Ukraine, démontrant sa capacité à agir même contre des grandes puissances.
Une nécessité pour l'avenir
Pour les auteurs de la tribune, la CPI doit être réformée pour gagner en efficacité, notamment en renforçant la coopération des États et en accélérant les procédures. Mais ils soulignent que « l'alternative à la CPI n'est pas une justice parfaite, mais l'impunité ». Dans un monde où les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l'humanité persistent, la Cour reste un garde-fou imparfait mais nécessaire.



