Nigeria: 60 élèves et enseignants libérés après deux mois de captivité
Nigeria: 60 élèves et enseignants libérés après 2 mois

Les forces de sécurité nigérianes ont annoncé, vendredi 10 juillet, avoir libéré plusieurs dizaines d'élèves et leurs enseignants, enlevés le 30 mai dernier dans une école de l'État de Kaduna, dans le nord-ouest du pays. L'opération a permis de sauver 60 personnes, dont 57 élèves et 3 enseignants, selon un communiqué de la police locale.

Un enlèvement massif dans une école rurale

Le 30 mai, des hommes armés non identifiés avaient pris d'assaut le collège public de la communauté de Kuriga, dans la zone de gouvernement local de Chikun, à environ 90 kilomètres de la capitale de l'État, Kaduna. Ils avaient emmené de force un nombre indéterminé d'élèves et de membres du personnel. Les autorités avaient initialement fait état de 287 personnes disparues, mais ce chiffre avait ensuite été révisé à la baisse.

Selon la police, les ravisseurs appartiennent à des gangs criminels opérant dans les forêts environnantes, souvent impliqués dans des enlèvements contre rançon. Les victimes ont été retrouvées dans la forêt de Kuyambana, à la frontière entre les États de Kaduna et de Zamfara, après une opération conjointe des forces de l'ordre et des groupes d'autodéfense locaux.

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Une libération sans rançon, selon les autorités

Le commissaire de police de l'État de Kaduna, M. Audu Dabigi, a déclaré que les otages avaient été libérés sans paiement de rançon. « Nous avons mené une opération de recherche et de sauvetage intensive, et nous sommes heureux d'annoncer que toutes les victimes sont saines et sauves », a-t-il affirmé lors d'un point de presse. Il a précisé que les forces de sécurité avaient engagé un échange de tirs avec les ravisseurs, qui ont finalement abandonné leurs captifs et pris la fuite.

Cependant, des sources locales ont indiqué à l'Agence France-Presse (AFP) que des négociations avaient eu lieu et qu'une rançon aurait été versée, bien que ce point n'ait pas été confirmé officiellement. Les enlèvements contre rançon sont devenus monnaie courante dans le nord-ouest du Nigeria, où des gangs criminels ciblent fréquemment les écoles, les villages et les voyageurs.

Un phénomène endémique dans le nord du Nigeria

Depuis 2020, plus de 1 000 élèves ont été enlevés dans des écoles au Nigeria, selon l'UNICEF. Ces raids sont souvent perpétrés par des groupes armés non étatiques, qui utilisent les rançons pour financer leurs activités. En mars 2024, 287 élèves avaient déjà été enlevés dans la même région, mais avaient été libérés après plusieurs semaines de captivité.

Le président Bola Tinubu a condamné cet enlèvement et ordonné aux forces de sécurité de redoubler d'efforts pour protéger les établissements scolaires. Dans un communiqué, il a salué la libération des otages et réitéré son engagement à lutter contre l'insécurité dans le pays. « Notre gouvernement ne reculera devant rien pour garantir la sécurité de tous les Nigérians, en particulier de nos enfants », a-t-il déclaré.

Des familles soulagées mais inquiètes

Les familles des victimes ont exprimé leur soulagement après l'annonce de la libération. « Je remercie Dieu et les forces de sécurité. Mon fils est vivant », a déclaré à l'AFP M. Ibrahim Musa, père d'un élève libéré. Cependant, beaucoup restent préoccupés par la recrudescence des enlèvements et l'incapacité des autorités à garantir la sécurité dans les zones rurales.

L'ONG Amnesty International a appelé le gouvernement nigérian à prendre des mesures plus efficaces pour protéger les citoyens et à enquêter sur les négligences ayant permis ces enlèvements. « Il est inacceptable que des enfants soient pris pour cible dans leur école. Les autorités doivent agir de toute urgence pour mettre fin à ce fléau », a déclaré Isa Sanusi, directeur d'Amnesty Nigeria.

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