Mali : djihadistes et indépendantistes relancent leur offensive contre la junte
Mali : djihadistes et indépendantistes relancent leur offensive

Les groupes djihadistes et indépendantistes maliens ont lancé une nouvelle offensive coordonnée contre la junte au pouvoir et ses alliés russes, selon des sources sécuritaires et des analystes. Depuis le début du mois de juillet, les attaques se sont multipliées dans le centre et le nord du pays, visant des positions de l'armée malienne et des mercenaires du groupe Wagner.

Une escalade sans précédent

Le 3 juillet, un convoi militaire a été pris en embuscade près de la ville de Gao, faisant au moins 17 morts du côté des forces gouvernementales. L'attaque a été revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Parallèlement, les rebelles touaregs du Cadre stratégique permanent (CSP) ont revendiqué la prise de plusieurs localités dans la région de Kidal.

Selon un rapport de l'ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), les violences ont augmenté de 40% au Mali au cours du premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025. "La junte n'a jamais eu un contrôle aussi faible sur le territoire", a déclaré Ibrahim Maïga, analyste au Centre pour les études stratégiques de Bamako.

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La réponse russe en question

Les mercenaires russes de Wagner, déployés pour soutenir l'armée malienne, subissent également des pertes. Le 1er juillet, une attaque à la roquette contre leur base à Tombouctou a tué trois combattants russes. "Wagner n'est pas en mesure de protéger efficacement les forces maliennes face à cette nouvelle vague d'attaques", a commenté un diplomate occidental sous couvert d'anonymat.

Le gouvernement malien a dénoncé une "campagne de déstabilisation" menée par des "forces étrangères" et promis une riposte ferme. Mais les analystes estiment que la junte, arrivée au pouvoir par un coup d'État en 2020, est de plus en plus isolée diplomatiquement et militairement.

Conséquences humanitaires

Cette escalade aggrave une crise humanitaire déjà sévère. Selon l'ONU, plus de 2,3 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire au Mali, dont 1,2 million d'enfants. Les combats ont forcé 50 000 personnes à fuir leurs foyers en juin seulement. "La population civile paie le prix fort de cette guerre entre la junte et les groupes armés", a déclaré le porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Mali.

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