La journaliste mexicaine Roxana Guzmán, disparue depuis le 10 juin 2026, a été retrouvée morte, a annoncé ce samedi 4 juillet le parquet de l'État de Veracruz. Son corps, qui présentait des signes de torture, a été découvert dans une zone rurale de la municipalité de Tres Valles, dans l'est du Mexique.
Un enlèvement suivi d'une mobilisation
Roxana Guzmán, 38 ans, travaillait pour le média numérique El Diario de Xalapa et couvrait notamment les questions de sécurité et de politique locale. Elle avait été enlevée par des hommes armés alors qu'elle sortait de son domicile à Cosamaloapan. Son enlèvement avait suscité une vague d'indignation et de mobilisation de la part des organisations de défense des droits des journalistes.
Selon le parquet, les enquêteurs ont retrouvé le corps grâce à des informations fournies par des témoins. L'autopsie a révélé que la mort remontait à plusieurs jours et que la journaliste avait été torturée avant d'être tuée.
Un climat de violence persistante
Le Mexique est l'un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes. Selon l'organisation Reporters sans frontières (RSF), au moins 11 journalistes ont été tués en 2025 dans le pays, et 4 depuis le début de l'année 2026. La majorité de ces crimes restent impunis.
Le gouverneur de Veracruz, Cuitláhuac García, a condamné le meurtre et promis que les responsables seraient traduits en justice. « Nous ne permettrons pas que ce crime reste impuni », a-t-il déclaré dans un communiqué.
L'ONG Article 19 a dénoncé un « assassinat brutal » et appelé les autorités à mener une enquête « rapide et exhaustive » pour identifier les commanditaires. « Ce crime est une attaque contre la liberté d'expression et contre le droit du public à l'information », a indiqué l'organisation dans un communiqué.
Un contexte de menaces récurrentes
Roxana Guzmán avait déjà signalé avoir reçu des menaces par le passé, selon des collègues. Elle avait bénéficié d'un mécanisme de protection mis en place par l'État mexicain, mais avait décidé de continuer à exercer son métier malgré les risques.
Le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador, a également réagi sur Twitter, exprimant sa « solidarité avec la famille et les collègues de Roxana Guzmán » et assurant que « les auteurs de ce crime odieux seront arrêtés ».
Le meurtre de Roxana Guzmán intervient dans un contexte de violences accrues contre les médias au Mexique. En juin, un autre journaliste, Ricardo López, avait été assassiné dans l'État de Sonora.



