En Iran, l'absence du nouveau guide suprême aiguise les rivalités
Iran : l'absence du guide suprême attise les rivalités

L'absence prolongée du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, âgé de 85 ans, alimente les spéculations et exacerbe les rivalités au sein du pouvoir en Iran. Selon des sources proches du régime, Khamenei n'a pas été vu en public depuis plusieurs semaines, ce qui a ravivé les débats sur sa succession et les luttes d'influence entre factions conservatrices et réformistes.

Une absence qui interroge

La dernière apparition publique de l'ayatollah Khamenei remonte à une cérémonie religieuse le 4 juin 2025, selon l'agence de presse officielle IRNA. Depuis, aucune image ni déclaration du guide suprême n'a été diffusée, ce qui est inhabituel pour un régime qui contrôle strictement l'information. Des rumeurs circulent sur son état de santé, mais les autorités n'ont fourni aucun commentaire officiel.

Cette situation intervient dans un contexte de tensions internes accrues. Le président réformiste Massoud Pezeshkian, élu en juillet 2024, tente de mettre en œuvre des réformes économiques et sociales, mais se heurte à l'opposition des conservateurs, qui contrôlent le Parlement et les institutions clés. L'absence de Khamenei, arbitre suprême des conflits politiques, laisse le champ libre aux affrontements.

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Les factions se positionnent

Deux camps principaux se disputent l'influence : les conservateurs durs, proches du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), et les pragmatiques, qui soutiennent une ouverture limitée. Selon un analyste politique basé à Téhéran, interrogé sous couvert d'anonymat, "chaque faction tente de placer ses alliés dans les postes clés en prévision d'une éventuelle vacance du pouvoir".

Les spéculations sur le successeur de Khamenei se concentrent sur deux figures : l'ayatollah Mohammad Yazdi, 93 ans, chef du Conseil des experts, et le fils de Khamenei, Mojtaba Khamenei, 55 ans. Ce dernier est considéré comme un candidat sérieux, mais son manque de légitimité religieuse et l'opposition de certains clercs pourraient freiner son ascension.

Un impact sur la politique étrangère

Cette incertitude interne a des répercussions sur la scène internationale. Les négociations sur le programme nucléaire iranien sont au point mort depuis l'échec des pourparlers de Vienne en 2024. Les États-Unis et les Européens s'inquiètent d'une éventuelle radicalisation de la position iranienne en cas de prise de pouvoir par les conservateurs durs.

"L'absence de Khamenei paralyse les décisions stratégiques", explique un diplomate occidental en poste à Téhéran. "Les factions ne parviennent pas à s'entendre sur une ligne commune, ce qui affaiblit la position iranienne dans les négociations."

Des manifestations sociales en toile de fond

Parallèlement, le mécontentement social gronde. L'inflation dépasse les 40 % et le chômage touche plus d'un jeune sur quatre, selon les chiffres officiels. En mai 2025, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes pour protester contre la hausse des prix et la corruption. Les forces de sécurité ont réprimé ces rassemblements, faisant au moins 12 morts, selon des sources locales.

Le régime craint que l'incertitude politique n'attise de nouvelles contestations. Les autorités ont renforcé la censure d'internet et multiplié les arrestations de militants et de journalistes. Selon l'ONG Reporters sans frontières, 67 journalistes sont actuellement emprisonnés en Iran.

"L'absence du guide suprême crée un vide dangereux", conclut l'analyste politique. "Le régime est fragilisé, et les rivalités internes pourraient déboucher sur une crise ouverte si la situation perdure."

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