Les militants tranchent : une primaire réservée aux adhérents
Le jeudi 9 juillet 2026, les militants du Parti socialiste ont mis fin à des mois de querelles internes en votant à 55 % pour une primaire réservée aux seuls adhérents à jour de cotisation des partis participants, rejetant ainsi la proposition du premier secrétaire Olivier Faure d'une primaire ouverte à tous les sympathisants moyennant 2 euros. Cette primaire du « pôle socialiste » se tiendra en octobre 2026, avec un débat tout au long du mois de septembre.
Calendrier et organisation encore flous
Aucune date précise n'a été fixée. Olivier Faure a indiqué le 10 juillet : « Il y aura une primaire, donc un débat qui aura lieu tout le mois de septembre. Nous voterons en octobre. » Un comité interpartis réglera les modalités de vote et de candidature. Nicolas Mayer-Rossignol précise au Nouvel Obs : « Les modalités du vote seront discutées au sein d'une maison commune qui rassemble les socialistes, mais aussi Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve, et d'autres encore. Ensuite, à chacun de dire s'il est candidat ou pas et on organisera le scrutin ensemble. »
Qui peut voter ?
Le corps électoral est resserré aux militants du Parti socialiste et des organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste, incluant Place publique (environ 10 000 adhérents) et La Convention de Bernard Cazeneuve. Le PS revendique environ 40 000 adhérents. L'adhésion à ce pôle sera ouverte jusqu'au vote. Le montant de l'adhésion reste en discussion : une primo-adhésion au PS coûte 20 euros, un renouvellement annuel au moins 55 euros. Olivier Faure dénonçait avant le vote un risque de scrutin « censitaire ».
Les candidats déclarés et potentiels
Trois candidats officiels se sont déjà déclarés : les députés Jérôme Guedj (ligne républicaine, universaliste, laïque, sociale, écologiste et anti-LFI) et Philippe Brun (anti-Glucksmann), ainsi que l'ex-ministre Ségolène Royal. Le petit courant « Avenir socialiste » (une vingtaine de membres) portera une ligne « profondément socialiste ». Raphaël Glucksmann, coprésident de Place publique, n'a pas encore officialisé sa candidature mais est très courtisé. Bernard Cazeneuve envisage de se lancer. Olivier Faure, qui ne s'est pas prononcé après sa défaite, estime ne pas être « illégitime ». Boris Vallaud a exprimé son envie d'« aller à la bagarre ». François Hollande refuse de se plier à une primaire et se positionne comme un recours en fin d'année. Des conditions de parrainages pourraient être imposées.
Un appel au rassemblement qui fâche
Le vainqueur de la primaire devra proposer « le rassemblement à tous les partis de la gauche démocratique, écologique et républicaine », selon le PS. Cela enterre l'idée d'une primaire commune avec les écologistes, François Ruffin ou Clémentine Autain, au profit d'un « contrat législatif et de gouvernement ». Cette décision suscite la colère des partenaires déçus, un unitaire de gauche fulminant auprès de l'AFP : « On leur a trop laissé de pouvoir. »



