Fronde sans précédent au sein de la CDU contre Friedrich Merz
Fronde historique contre Merz dans la CDU

Le président de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Friedrich Merz, traverse une crise de confiance sans précédent au sein de son propre parti. Selon un sondage interne commandé par l'état-major du parti, 34 % des délégués estiment qu'il n'est pas à la hauteur des défis actuels. Un député CDU, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a déclaré : « Merz a perdu le contact avec la base. Sa ligne dure sur l'immigration ne fait plus consensus. »

La fronde s'est cristallisée lors d'une réunion du groupe parlementaire mercredi soir, où plusieurs orateurs ont critiqué ouvertement la gestion des relations avec la coalition gouvernementale. Un document interne que nous avons pu consulter liste une série de demandes allant d'un recentrage du discours migratoire à une meilleure coordination avec les branches régionales du parti.

Les chiffres d'une défiance grandissante

Selon une enquête réalisée par l'institut Forsa pour la chaîne publique ARD, 68 % des sympathisants CDU jugent que le parti est en crise. Le taux d'approbation de Friedrich Merz n'est que de 31 %, le plus bas pour un président de la CDU depuis 2000. Seulement 22 % des Allemands estiment qu'il ferait un bon chancelier, contre 45 % pour le social-démocrate Olaf Scholz.

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Un ancien ministre conservateur, interrogé par le Süddeutsche Zeitung, a souligné : « La base n'accepte plus que l'on fasse des compromis avec les Verts sur le dos des valeurs chrétiennes-démocrates. »

Merz sous pression pour un virage stratégique

Les critiques portent principalement sur la stratégie de Merz face à la coalition du chancelier Scholz. Beaucoup de militants estiment qu'il n'exploite pas assez les faiblesses du gouvernement sur l'économie. Le parti a perdu 5 points dans les sondages en trois mois, passant de 28 % à 23 % des intentions de vote.

En réponse, Friedrich Merz a tenté de reprendre la main en convoquant un congrès exceptionnel pour septembre. Il y proposera un « nouveau pacte de sécurité » incluant un durcissement des mesures d'expulsion et une réduction des prestations sociales pour les demandeurs d'asile. Toutefois, cette initiative est loin de faire l'unanimité au sein de la direction.

Des voix discordantes dans l'opposition interne

Un groupe informel baptisé « Dialogue conservateur », qui rassemble une vingtaine de députés, a adressé une lettre ouverte au président du parti. Ils y réclament un retour aux racines chrétiennes-démocrates et une opposition plus ferme à l'agenda écologique du gouvernement. Un de ses membres, le député bavarois Thomas Kreuzer, a menacé de démissionner de son poste de secrétaire général adjoint si la ligne ne changeait pas.

La contestation interne intervient alors que la CDU doit affronter trois élections régionales en octobre, dont une en Thuringe où le parti est devancé par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD). Un sondage Infratest dimap donne 28 % à l'AfD dans ce Land, contre 22 % à la CDU.

Les enjeux pour Merz sont élevés : un échec aux scrutins d'octobre pourrait bien sceller son sort à la tête de la CDU, ouvrant la voie à une candidature alternative pour la chancellerie. L'ancienne ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer et le président du groupe parlementaire Thorsten Frei sont pressentis comme successeurs potentiels. Le parti se déchire tandis que l'opinion publique observe avec attention cette lutte intestine.

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