Les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne, réunis en urgence à Bruxelles, ont affirmé que l'espace Schengen n'était pas le problème, mais plutôt la solution pour faire face à la crise migratoire à Ceuta. C'est ce qu'a déclaré le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, à l'issue de la réunion.
Une position unanime sur Schengen
« Tous les ministres ont convenu que l'espace Schengen n'était pas le problème, mais plutôt la solution », a souligné Laurent Nuñez. Cette déclaration fait suite à la vive polémique suscitée par la décision de l'Espagne de rétablir temporairement des contrôles à la frontière avec le Maroc, après l'afflux de milliers de migrants à Ceuta.
La réunion, convoquée à la demande de l'Espagne, visait à trouver une réponse européenne coordonnée à cette crise. Selon le ministre français, les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération avec les pays d'origine et de transit, ainsi que sur la mise en œuvre effective du pacte sur la migration et l'asile.
Un appel à la solidarité et à la responsabilité
« Nous devons agir ensemble, avec solidarité et responsabilité », a insisté Laurent Nuñez, tout en rappelant que la France soutenait l'Espagne dans ses efforts pour gérer la situation. Il a également souligné l'importance de distinguer les migrants économiques des réfugiés ayant droit à une protection internationale.
La crise de Ceuta a mis en lumière les tensions entre les États membres sur la répartition des migrants. Certains pays, comme la Pologne et la Hongrie, ont refusé de participer à un mécanisme de répartition obligatoire, tandis que d'autres, comme l'Allemagne, ont appelé à une plus grande solidarité.
Des mesures concrètes à l'étude
Les ministres ont convenu de renforcer les moyens de Frontex, l'agence européenne de garde-frontières, et d'accélérer les procédures de retour pour les migrants en situation irrégulière. Ils ont également discuté de la possibilité d'établir des plateformes de débarquement dans des pays tiers, une idée déjà évoquée par le passé mais qui reste controversée.
La Commission européenne a proposé un plan d'action en dix points, comprenant une aide financière au Maroc pour renforcer le contrôle de ses frontières et des campagnes d'information pour dissuader les départs. Ce plan a été bien accueilli par les ministres, qui ont appelé à sa mise en œuvre rapide.
Vers une gestion européenne de la migration
Pour Laurent Nuñez, cette crise doit être l'occasion de progresser vers une véritable politique migratoire européenne. « Nous avons besoin d'une approche commune, fondée sur la confiance et la coopération », a-t-il affirmé, en insistant sur la nécessité de protéger les frontières extérieures de l'UE tout en respectant les droits fondamentaux.
La prochaine réunion des ministres de l'Intérieur est prévue en septembre, où ces questions seront de nouveau à l'ordre du jour. En attendant, l'Espagne a annoncé qu'elle maintiendrait des contrôles renforcés à Ceuta et Melilla, ses deux enclaves au Maroc, jusqu'à ce que la situation soit stabilisée.



