Chaque 15 août, des millions de catholiques et d'orthodoxes dans le monde célèbrent la fête de l'Assomption de la Vierge Marie. Cette solennité, qui donne lieu à de nombreuses processions et messes, commémore la montée au ciel de Marie, corps et âme, à la fin de sa vie terrestre. Mais si les deux confessions chrétiennes partagent cette date, leurs approches théologiques présentent des nuances importantes.
Une fête ancrée dans la tradition
L'Assomption est l'une des plus anciennes fêtes mariales du christianisme. Elle est célébrée depuis le VIe siècle à Jérusalem, puis s'est répandue dans tout l'Orient chrétien avant de gagner l'Occident. Pour les catholiques, le dogme de l'Assomption a été proclamé le 1er novembre 1950 par le pape Pie XII dans la constitution apostolique Munificentissimus Deus. Selon ce dogme, la Vierge Marie, après sa mort, a été élevée au ciel en corps et en âme. Pour les orthodoxes, la fête est appelée « Dormition de la Mère de Dieu » et commémore la mort de Marie, suivie de sa résurrection et de son élévation au ciel.
Des différences théologiques notables
La principale différence réside dans la définition dogmatique. Les catholiques ont solennellement défini l'Assomption comme un dogme de foi, ce qui signifie qu'elle est une vérité révélée que tout fidèle doit croire. Les orthodoxes, quant à eux, n'ont jamais défini la Dormition comme un dogme, mais la considèrent comme une tradition pieuse et liturgique. Ils insistent davantage sur la mort de Marie, qu'ils appellent « dormition », car elle s'est endormie dans le Seigneur, puis a été ressuscitée et élevée au ciel.
Une célébration commune et des traditions variées
Malgré ces divergences, la fête est célébrée avec ferveur dans les deux Églises. En France, le 15 août est un jour férié depuis 1638, lorsque Louis XIII a consacré le royaume à la Vierge Marie. De nombreux pèlerinages ont lieu ce jour-là, notamment à Lourdes, où des milliers de fidèles se rassemblent. Dans les pays orthodoxes, comme la Grèce ou la Russie, la Dormition est également une fête majeure, souvent précédée d'un jeûne de deux semaines. Les processions et les vénérations de l'icône de la Vierge sont courantes.
Cette fête commune rappelle les racines chrétiennes partagées par les catholiques et les orthodoxes, tout en soulignant leurs différences théologiques. Elle est aussi un moment de ferveur populaire et de rassemblement pour les communautés chrétiennes du monde entier.



